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Articles avec #voyage en roumanie tag

La Brăila de Panaït Istrati, un monde de violence

Publié le par Jean-Michel L.

Le grand aventurier-écrivain décrit sans complaisance un monde qui a en grande partie disparu mais qui a inévitablement laissé des traces dans la société actuelle. Les paysages de la région de Brăila en constituent plus qu’un décor, un élément vivant. On n’est pas dans l’opposition entre bons et méchants d’opérette. Dans les romans de Panaït Istrati, tous les personnages se perdent dans la violence. Reste un distinction essentielle mais fragile entre ceux qui ont du cœur et ceux qui n’en ont pas.

 

Codine, oncle Anghel, oncle Dimi, Cosma, pour ne citer que quelques personnages clés, portent cette violence incontrôlable qui se retourne tôt ou tard contre ses auteurs. L’histoire du cheval de l’oncle Dimi (Codine) est de ce point de vue aussi révélatrice que terrifiante. Chaque « héros » a une face sombre, pour ne pas dire hideuse, que le narrateur ne cherche pas à éluder. Le romancier nous dit que l’origine de cette violence tient d’abord à la nature humaine. Mais, elle relève aussi de la pauvreté et de l’oppression de nantis volontiers esclavagistes  (Turcs, Grecs ou Roumains) et de ceux qu’ils paient, la première découlant de la seconde.

 

Quant aux paysages, ils ne sont doux qu’en apparence. La neige hivernale, les canicules estivales, les marais, la forêt se posent comme des pièges apprivoisés par les plus forts. Ou alors ce ne sont que des esclaves comme ce « petit bois » décrit dans Oncle Anghel.

 

« Ces bosquets de rose et de lilas, ces immenses peupliers – répandus comme des chênes ou droits comme des sapins – n’étaient autre chose que des domestiques crevant de vie facile, comme les chevaux ou les Albanais. En dehors de ce petit bois esclave… »

(Panaït Istrati, Oncle Anghel)

 

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La "forêt esclave" de peupliers des marais du Danube à  Brăila; derrière les redoutables Monts de Macin.

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Brăila : l'industrie mise en scène dans les paysages

Publié le par Jean-Michel L.

Comme partout en Roumanie et probablement dans toute l'Europe orientale, l'industrie a été mise en scène dans les paysages pendant la période communiste. Les usines s'imposent par leurs dimensions : immenses bâtiments, très grandes cheminées visibles de tous les quartiers et des centres villes, énormes tuyauteries, etc. Les usines sont un hymne à l'activité de la société conduite vers le Progrès par leurs dirigeants. Restent  aujourd'hui quelques usines fonctionnelles et d'immenses friches industrielles à la périphéries des villes. Et à grosses usines, grosses pollutions. Cela va mieux côté atmosphérique mais côté nappes et substrat, les villes roumaines ont fait de mauvais héritages.

 

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Dans le centre de Brăila : le bâtiment a été classé

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Le long du Danube à Brăila : grues modernes et cheminées géantes

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Sous les grands arbres, le tramway de Brăila

Publié le par Jean-Michel L.

Le tramway de Brăila date de la fin du XIXe siècle. Il n'a pas beaucoup changé. On peut le voir sur le très ombragé boulevard de l'Indépendance (Boulevardul Independentei) qui forme un arc autour du centre historique. La végétation ornementale des trottoirs des grands axes de circulation est assez peu diversifiée  : marroniers, charmes, frênes, acacias, immenses platanes... Sur les places apparaissent bouleaux et épicéas.

 

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Brăila, la ville-toile-d'araignée

Publié le par Jean-Michel L.

Le plan de Brăila fait ressembler cette ville de 200 000 habitants à une toile d'araignée accrochée au Danube. Au centre la place Traian et son église Saint-Archange-Michel, une ancienne mosquée. Les taudis du quartier de Comorfca si bien décrit par Panait Istrati (cf. Codine) ont disparu. La ville est aujourd'hui bien moins active qu'à la fin du XIXe siècle. Les carrioles à chevaux, si communes dans les villes de Bucovine, ont laissé la place à des voitures. Mais la circulation y est fluide, laissant l'espace aux chiens errants. Les vieilles maisons bourgeoises parfois classées comme monuments historiques sont souvent délabrées, voire complètement abandonnées.

 

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Brăila (image Google Earth)

Roumanie Braila

Croquis de situation

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Une rue résidentielle

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La rue commerçante Mihai Eminescu. Pavés de rigueur. 

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Une boutique de vêtements de la rue Mihai Eminescu : ici pas encore de touristisation ou de cafés "branchés"

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