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L'Ost-Neu-Guinea allemande de 1884 à 1914

Publié le par Jean-Michel L.

On oublie souvent que l'Allemagne a été aussi une puissance coloniale jusqu'à la première guerre mondiale. Un ouvrage de géographie historique tout à fait remarquable, passé presque inaperçu lors de sa sortie (Péhaut, 1990) nous raconte cette épopée à l'échelle du Pacifique.  L'Allemagne s'est en effet établie en Nouvelle-Guinée, aux Salomon, en Micronésie (Marshall, Caroline, Mariane) et en Polynésie (Samoa). La colonisation de la partie orientale de la Nouvelle-Guinée et de grandes îles proches constitue l'évènement le plus intéressant. C'est la mise en place de grandes plantations tropicales sur ces terres chaudes et humides qui permet d'expliquer l'occupation de l'espace. En fait deux sites sont privilégiés : la baie de l'Astrobale dans le Kaiser Wilhelm Land et la presqu'île de Gazelle au nord de la Nouvelle-Bretagne (alors Nouvelle-Poméranie). Il n'y a pas de véritables villes juste de petites stations. La pénétration à l'intérieur des terres, ne serait-ce qu'à quelques kilomètres du rivage, ne concerne que quelques naturalistes et géographes. On fait appel à travers des péripéties dignes de grands romans à une main d'oeuvre principalement chinoise. Cela doit vous inciter à lire cet ouvrage passionnant.

 

Péhaut, Yves, 1990.- Les plantations allemandes des mers du Sud avant 1914. Talence, CRET, Coll. Iles et Archipels, 12, 218 p.

 

Ost-neu-guinea

 

Choiseul et Isabel rejoignent le reste des Salomon sous mandat du Royaume-Uni en 1899. Boungaiville reste allemande et rattachée à la Nouvelle-Guinée. 

 

PNG Gazelle 2012GE

Le Gazelle* Halbinsel, terre de volcans où les planteurs allemands et la "Reine Emma" trouvèrent leur bonheur.
* La Gazelle est le nom du navire de l'amiral von Schleinitz qui établit la présence allemande en 1875. Imagerie Google earth.

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Le lagon de Ranobe (Madagascar) à l'épreuve de l'exploitation minière

Publié le par Jean-Michel L.

La société australienne World Titanium Resources qui a en 2009 pris le relais d'Exxaro Resources Limited envisage de lancer les opérations d'aménagement du site de Ranobe en vue d'un début d'exploitation de l'ilménite (minerai de titane) et du zircon conenu dans le sable à partir de fin 2014. La teneur du sable en métaux lourds varie entre 4 et 10%. Le contexte économique est favorable et la société déclare qu'elle est prête aux premiers aménagements. Cela implique des investissements colossaux à l'échelle de l'Atsimo Andrefana.

 

Le magnifique lagon de Ranobe qui attire de nombreux touristes et plus particulièrement des amateurs de plongée dans une multitude d'hôtels pourrait donc devenir rapidement un centre d'activité économique aussi important que Tolanaro-Fort-Dauphin où l'ilménite est exploitée par QMM, filiale de Rio Tinto.

 

Des conflits d'intérêt sont à prévoir avec les pêcheurs, les hôteliers (qui vont cependant dans un premier temps bénéficier de la manne liée à l'aménagement minier) et les amis de la nature. Des centaines d'hectares vont être transformés pendant les décennies qui viennent. Cependant, il est intéressant de noter que dans les documents en général assez flous de World Titanium le site d'exploitation est éloigné du rivage de plus d'une quinzaine de kilomètres. Il faut souhaiter que l'Etat malgache puisse profiter des retombées financières de la mine. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas dans les pays pauvres.

 

Ranobe carte

Ranobe Ilmenite

Le projet WTRL : une route de 55 km du site minier (où le minerai sera partiellement concentré) à la Batterie où ce minerai sera chargé sur des barges à destination du port de Tuléar (fond satellitale Google earth).

 

Toliara3_JML_oct2009_-227.JPG

La plage qui borde le lagon à Ifaty-Mangily

 

Toliara3_JML_oct2009_-161.JPG

L'Extrême-Sud du lagon en direction de Tuléar : mangrove dégradée

 

Mada 2010 JML01 19R

Un hôtel au pied de la dune à Ambolomailaka

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Androka, au coeur de la brousse mahafaly

Publié le par Jean-Michel Lebigre

25°00’S, 44°07’E
Androka, petit bourg peu accessible et sans aucune commodité,  vit un peu en dehors du temps. C'est une commune littorale du fivondronana d’Ampanihy qui correspond au pays Mahafale. Elle est peuplée d’environ 26 000 habitants répartis 1 600 km2. Le site ancien, Androka Ela (25°01'S, 44°04'E), fut abandonné après un cyclone en 1969. Ce fut d'abord un petit poste militaire entre Itampolo et Ampalaza. En 1930 y avait été édifiée une église dont les ruines sont aujourd'hui presque invisibles. Le site actuel du bourg appelé Androka Voavoa se trouve sur la rive gauche de la Linta . 
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 Androka carte situation
Androka carte

Image satellitale de 2006 proposée par Google earth

Le marché d'Androka

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Ambatovy ou Madagascar producteur de nickel et de cobalt

Publié le par Jean-Michel L.

En ce mois de novembre 2012 a eu lieu la première exportation de minerai concentré par la société canadienne Sherritt International, sorti de l'usine construite immédiatement au sud de Toamasina (Tamatave).

  • 1) Le minerai est extrait sur 1 300 ha sur les sites d'Ambatovy et d'Analamay près de Moramanga à 1150 mètre d'altitude en pleine forêt pluviale ;
  • 2) il est expédié vers Toamasina au niveau de la mer par une conduite de 220 km sous forme de boue (pulpe) à la vitesse de 800 tonnes par heure, ce qui demande de grands volumes d'eau ;
  • 3) il est concentré à l'acide par livixation dans le complexe industriel de 320 ha aménagé au sud de Toamasina, villages d'Ambalantenina et d'Antanandava ;
  • 4) l'acide est tamponné avec de la chaux importée puis stocké ;
  • 5) le minerai concentré est exporté par le port de Tamatave.

En tout l'investissement, gigantesque à l'échelle du pays, a été d'environ 4,5 milliards d'euros.

On entre aujourd'hui dans une phase cruciale : les aménagements ont fourni de l'emploi à des milliers de travailleurs mais le site d'extraction, l'usine et le port fonctionnent à partir de maintenant avec peu de main d'oeuvre. Déjà des manifestations ont commencé le 12 novembre sous la houlette du TMMAN (Tsy misy miala aketa niany). Pour Madagascar, les retombées de la mine devraient être importants en termes financiers mais, comme pour l'usine du Sud en Nouvelle-Calédonie, la peur d'un désastre environnemental subsiste. Déjà plusieurs fuites de dioxyde de soufre ont eu lieu à l'usine (voir : Tsimok'i Gasikara).

Voir :

Le site officiel "Ambatovy" (en français et en anglais)

Le site de Mining Watch Canada : Une nouvelle histoire d'horreur minière ? Le projet Ambatovy

Tsimok'i Gasikara: (en malgache et en français) : fuite chimique, un mort

madagascar nickel

MAD Ambatovy GE2012

MAD Ambatovy GE2012 140

Ambatovy, 18°50'S, 48°18'E L'extraction du minerai (GeoEye / Google earth, 2011)

MAD Tamatave Ambatovy GE2012 600

Toamasina, 18°12'S, 49°21'E La transformation du minerai (GeoEye / Google earth, 2011).

MAD Tamatave Ambatovy GE2012 100

Toamasina, 18°12'S, 49°21'E Un lotissement pour cadres de l'usine.

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