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Le volcan Ontake

Publié le par Paesaggio

Les montagnes couvrent près de 3/5 du territoire du Japon. Il s'agit essentiellement de volcans mais pas seulement. Les plus hauts sommets, ceux des Alpes japonaises (trois chaînes transversales: Hida, Kiso, Akaishi) où se trouve l'Ontake, ont à peu près l'altitude de ceux des Pyrénées, le Fuji-Yama (3 776 m) mis à part. Ailleurs l'altitude dépasse rarement 2 000 m. Dans le contexte du Shinto, un chamanisme au coeur de la culture nippone, les volcans sont l'objet de vénération.

Le volcan Ontake (3 067 m) est considéré comme réveillé depuis les années 60 et a déjà été à l’origine d’une violente éruption en 1979-80. Celle de septembre 2014 apparaît comme dans la continuité des précédentes. Les pélerins et touristes qui ont été victimes de cette éruption ont donc pris des risques inconsidérés. Le Fuji-Yama, situé entre Tokyo et Nagoya, est quant à lui en sommeil depuis le XVIIIe siècle et susceptible d’un brusque réveil, mais plusieurs autres volcans japonais (plus d’une trentaine) sont en activité, notamment le Sakura-Jima (Kyushu), l’Asama (Honshu), l’Usu (Hokkaido), le Unzen (Kyushu). En 1991, ce dernier volcan se réveilla. Entre le 24 mai et le 4 juin, de multiples coulées pyroclastiques dévalèrent les flancs du volcan, brûlant tout sur leur passage. Une nuée ardente dévasta tout sur son passage. Il y eu 43 morts dont Maurice et Katia Krafft, des documentalistes français réputés pour leurs photos de volcans.

Le volcan Ontake
L'Ontake vu via Google earth : 1. le sommet, 2. la ville de Takayama, 3. le départ du sentier, 4. une coulée
L'Ontake vu via Google earth : 1. le sommet, 2. la ville de Takayama, 3. le départ du sentier, 4. une couléeL'Ontake vu via Google earth : 1. le sommet, 2. la ville de Takayama, 3. le départ du sentier, 4. une coulée
L'Ontake vu via Google earth : 1. le sommet, 2. la ville de Takayama, 3. le départ du sentier, 4. une coulée

L'Ontake vu via Google earth : 1. le sommet, 2. la ville de Takayama, 3. le départ du sentier, 4. une coulée

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Vieux-Richet, Landes

Publié le par Paesaggio

L'église romane Saint-Jean Baptiste du Vieux-Richet, au sud de Moustey dans les Landes, se trouve sur une des routes de Compostelle. Elle possède un curieux clocher couvert de tuiles de bois, adjacent au clocher-mur.

Vieux-Richet
Vieux-Richet
Vieux-Richet
Vieux-Richet

Vieux-Richet

Vieux-Richet, Landes
Vieux-Richet, Landes

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Le lac Rweru (Rwanda, Burundi)

Publié le par Paesaggio

Coupé en deux par la frontière entre Rwanda et Burundi, le lac Rweru, situé à 1320 mètres d'altitude, couvre une centaine de kilomètres carrés. Il reçoit la rivière Kagera (ou Akagera) et la Nyabarongo dont le bassin couvre une partie du Rwanda central. Les activités principales sont la pêche et l'agriculture. Plusieurs dizaines de cadavres décomposés de personnes (hommes, femmes, enfants) exécutées y sont parvenus ces derniers jours.

Le lac Rweru (Rwanda, Burundi)
Le paysage oppose collines cultivées, prairies marécageuses et plan d'eau.
Le paysage oppose collines cultivées, prairies marécageuses et plan d'eau.
Le paysage oppose collines cultivées, prairies marécageuses et plan d'eau.
Le paysage oppose collines cultivées, prairies marécageuses et plan d'eau.

Le paysage oppose collines cultivées, prairies marécageuses et plan d'eau.

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60 citations sur le thème des « paysages »

Publié le par Paesaggio

arrière-plan

«   La ville a l'air d'un campement militaire placé là pour un jour, et que le lendemain fera disparaître. Heureusement la beauté de la montagne environnante corrige l'impression d'ennui que produirait la vue des monotones constructions de Livadzi et de Petroseny. »

  Elisée Reclus, Voyage aux régions minières de la Transylvanie occidentale, Le Tour du Monde, Nouveau Journal des Voyages, 1874 : p. 35.

 

aspect
«   Le paysage vers Zorita change complètement d'aspect : molles collines vertes, routes bordées d'ormes et de haies, comme en France, pâturages brûlés, semis de grosses roches rondes et d'yeuses trapues...»

A. t'Serstevens,  L'itinéraire espagnol, Arthaud, 1963

 

catégories

«   Il existe deux grandes catégories de paysages, les paysages ruraux ou " naturels" et les paysages urbains. »

François Taillefer, La science du paysage in La pensée géographique française contemporaine

 

charme sévère

«  Bien que plein de charme, le village breton est d'aspect sévère »

Monsieur Faure, directeur d'école honoraire : La Bretagne, Photo n°7, collection chèque-chic. Edité par le Chocolat Cémoi et les Pâtes Lustucru.

 

compression
«  De même que le disque est une surface plane contenant en puissance une symphonie, le paysage lui est un tableau contenant en puissance la compression imaginaire de siècles de bouleversements. »
Sylvain Tesson, " Petit traité sur l'immensité du monde",  Ed. des Equateurs, 2005

 

concret

«  Le paysage ne se réduit pas aux données visuelles du monde qui nous entoure. Il est toujours spécifié de quelque manière par la subjectivité de l'observateur ; subjectivité qui est davantage qu'un point de vue optique. L'étude paysagère est donc autre chose qu'une morphologie de l'environnement. Inversement, le pays n'est pas que « le miroir de l'âme ». Il se rapporte à des objets concrets, lesquels existent réellement autour de nous. Ce n'est ni un rêve ni une hallucination ; car si ce qu'il représente ou évoque peut être imaginaire, il existe toujours un support objectif. L'étude paysagère est donc autre chose qu'une psychologie du regard …»

 Augustin Berque, Cinq propositions pour une théorie du paysage, 1994

 

critique

" En somme, la critique de paysage est une pratique discutable car elle fixe la valeur des paysages alors même que la valeur des valeurs n'est pas résolue.»
Hervé Brunon, Catherine Chomarat-Ruiz, Pierre Donadieu et André Torre, Pour une « métascience » du paysage
 
définitions 
«  L'homme et la nature prenant conscience d'elle-même. »
Elisée Reclus   
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« ...Le paysage est donc une apparence et une représentation : un arrangement d'objets visibles perçu par un sujet à travers ses propres filtres, ses propres humeurs, ses propres fins..."
Roger Brunet et al., Les Mots de la géographie, dictionnaire critique, Reclus, 1992.
 

dépouillement

«   Tout, autour de lui, était trouble et vacillement, prise incertaine; on eût dit que le monde tissé par les hommes se défaisait maille à maille: il ne restait qu’une attente pure, aveugle, où la nuit d’étoiles, les bois perdus, l’énorme vague nocturne qui se gonflait et montait derrière l’horizon vous dépouillaient brutalement, comme le déferlement des vagues derrière la dune donne soudain l’envie d’être nu. »

Julien Gracq,   "Un balcon en forêt" , José Corti

 

dynamiques intérieures

«   Pff on comprit que l'espace se débondait

Puis l'oreiller d'air s'est glissé sous le sainfoin

Les avalanches ont dressé la tête

Et à l'intérieur des pierres des épaules se sont soulevées »

André Breton

 

dynamiques urbaines
«   Les villes sont des expériences provisoires que les forêts recouvriront un jour. »
Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, Gallimard, 2011

 

échos identitaires
«  Vous aurez un écho de ce monde-là en parcourant le bazar de Darjeeling ou en vous promenant dans le campagne, entre la Cité de la Foudre et Kalimpong, où de petits stupa ou chorten, élevés par les Tibétains, sont hérissés de perches aux oriflammes colorées et ondoyantes..."
Guide  Bleu Inde, Hachette, 1976.
 
esprit
«  Les paysages et les jardins naissent dans l'esprit des hommes : c'est de cette source qu'ils peuvent renaître. »
Pierre Donadieu et Élisabeth de Boissieu, Des mots de paysage et de jardins, Actes Sud
 

être profond

« Le paysage me touche et m’affecte, il m’atteint dans mon être le plus singulier. »

Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception

 

 état de l'âme

« Un paysage quelconque est un état de l'âme »

Henri-Frédéric Amiel, 1852, Journal Intime.

 

évocation livresque

« Et puis, le livre fermé, c’est toute l’île qui surgit avec ses forêts lourdes de senteurs humides, pleines du bruit des palombes aux grands vols et des singes plaintifs, avec ses futaies, ses lisières où des ravinala aux feuilles énormes retombent les lianes et les orchidées, avec ses rivages que frôlent les requins, ses grèves où s’écrasent pour mourir les vagues de la mer, où dorment au soleil les caïmans voleurs d’hommes et de bœufs ; avec ses saisons ardentes rafraîchies par la brise ; avec ses villes perchées sur les pentes rocailleuses ou noyées dans la verdure, ses maisons de briques cuites, ses cases de roseaux ou ses huttes de terre crue. »

Préface de René Perrout au livre de Charles Renel, La race inconnue, Grasset, 1910.

 

à la fenêtre

«  J'écris à la fenêtre de ma chambre devant un grand paysage - bouchures (1), chaumières, peupliers et petits prés au bord du ciel. Je pensais aller à Nançay, en Sologne, à vingt kilomètres d'ici, chez mon oncle Florent. Mais il tombe à chaque instant de grosses pluies  très brèves  et très violentes - d'orage. » 

(1) haies

Alain-Fournier, Lettres au petit B., Emile-Paul Frères, 1930.

 

fréquentation

«  ...les déserts, la très haute montagne, l'Antarctique et les très hautes latitudes de l'hémisphère boréal conservent encore des paysages naturels, comme ceux de la lune. Mais l'homme ne les fréquente guère... » 

F. Taillefer, La science du paysage in La pensée géographique française contemporaine.

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glissement

«  Dans le train Corail, il y a vous et la fenêtre. Le paysage glisse dans le balancement irrégulier de votre corps, le bercement chuintant des essieux sur le rail. »

Martine Delerm,  Petite géographie intime, Le Pré aux Clercs éd., 2001.

 

grandeur

«  De Grust de Luz, le paysage ne manque pas de grandeur. A gauche en plein soleil, l'agglomération riante dans le vert délicat des prés, à droite la forêt plus sombre, puis à mesure que le regard s'élève, l'herbe devient rare. Nous sommes à la limite de la végétation. Il fait trop froid. Au-dessus des rochers nus, les neiges éternelles. »

Monsieur Faure, directeur d'école honoraire : Les Pyrénées, Photo n°6, collection chèque-chic. Edité par le Chocolat Cémoi et les Pâtes Lustucru.

 

 ici et maintenant

«  Nuit d'été

Odeur des bambous frais dans la chambre.

Dans le jardin, clair de lune sauvage.

Goutte à goutte, la rosée, cristal.

Une à une, les étoiles claires.

Une à une, les lucioles dans les coins noirs.

Les poules d'eau s'appellent d'une rive à l'autre.

Au loin le monde entier se fait la guerre.

Assis sur mon lit, j'écoute et réfléchis.

Tou Fou (712-770)

Claude Roy, Trésor de la poésie chinoise, Le club français du livre, 1967.

 

identité
«  ... Ces maisons, quoique très variées d'ornementation, présentent néanmoins un air de parenté qui permet d'attribuer à cette architecture nantaise une distinction particulière et originale... »
Guide Bleu Illustré, Nantes, Hachette, 1930.
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illusion
«  ...et pour un peu on aurait pu croire que l'immense steppe vide et blanche était en vérité un pays de fées cristallines, joyeuses et légères comme les flocons, dont le rire fusait doucement dans le bruissement du vent; mais de la savoir aussi souillée par les hommes et leur malheur et leur angoisse sordide ruinait l'illusion. »
Jonathan Littell, Les Bienveillantes, Gallimard, 2006: p. 543
 

impressions

« Nous glissions comme dans le fil d’un fleuve d’air froid que la route poussiéreuse jalonnait de vagues pâleurs ; de part et d’autre de la route, l’obscurité se refermait opaque ; au long de ces chemins écartés, où toute rencontre paraissait déjà si improbable, rien n’égalait le vague indécis de formes qui s’ébauchaient de l’ombre pour y rentrer aussitôt. »

  Julien Gracq, Le rivage des Syrtes, 1951, José Corti: p. 17

 

individualité

«  ...ce sont ces prairies où, quand le soleil les rend réfléchissantes comme une mare, se dessinent les feuilles des pommiers, c'est ce paysage dont parfois la nuit dans nos rêves, l'individualité m'étreint avec une puissance presque fantastique et que je ne peux plus retrouver au réveil. »

Marcel Proust,  Du côté de chez Swann

 

lassitude

«  Il vient toujours un moment où l'on a trop vu un paysage, de même qu'il faut longtemps avant qu'on l'ait assez vu. »

Albert Camus,  Noces

 

maîtrise

«  Il y a des balades-circuits, satisfaisantes pour l'esprit, qui dessinent une boucle dans l'espace, et nous donnent la sensation de maîtriser le paysage. »

Philippe Delerm, Les chemins nous inventent, Stock, 1997 : p. 21

 

mémoire
«  Cette idée que les paysages ont une mémoire. Une plaine agricole se souvient des angélus. Un champ de coquelicots des amours enfantines. Mais ici ? Les bois n'ont pas de souvenirs. »
Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, Gallimard, 2011
 

« Il contempla un instant le feuillage du charme qui s'agitait doucement, comme si l'arbre respirait dans son sommeil. Oui cet arbre était son ami, et il se rappela le titre d'un recueil de poèmes qu'une fille avait publié à huit ans.»

Patrick Modiano : Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier. Gallimard, 2014.

 

mépris

«  Cette attention nouvelle apportée au paysage, mais aussi à des objets matériels ou immatériels, contraste avec le mépris ou simplement l'ignorance, dans lesquels ils étaient trop souvent tenus. »

Jean Glavany : Bulletin du Ministère de l'Agriculture, juin 2000.

 

montagne
«  N°10. Dans le grand silence des cimes
Ce paysage grandiose de haute montagne, avec ses neiges éternelles et ses pics sourcilleux, est un de ceux qui ont toujours le plus attiré les hommes. C'est le domaine de l'effrayant silence, indifférent à notre mesquine présence et plein de risques mortels. »
Série 23 : Types de paysages
Les Merveilles du Monde Volume 1, 1929 , album édité par Nestlé, Gala, Peter, Cailler, Kohler
 

morceaux de rêves

«  Je rêvais d'être face à la fenêtre, face à rien, et je savais bien que dans cette ville en désordre, il est des lieux où l'on ne peut parvenir, qui sont juste des morceaux de rêve. J'y suis. »

Alex Jenni, L'art français de la guerre, Gallimard, 2011 : p; 136.

 

morsures

«  Dans le train roule le temps

Des paysages qui s'ouvrent

Quand on veut mordre dedans

Des maisons comme des yeux...»

Georges Jean (1920-2011), poète

 

panneaux  

" Voilà donc la deuxième question, celle-ci globale, que j'aimerais poser à votre expertise : une marque, en tant que trace, se voit et se lit, certes, lorsqu'elle apparaît, isolée, comme une figure rare sur un fond autre qu'elle ; mais, comment lire une marque sur un paysage où il n'y a plus que des marques ? Tout à l'heure, l'affiche se détachait sur les arbres et les haies. Après l'explosion susdite, elle plonge dans un déluge d'affiches. »
Michel Serres, 2008 
http://www.prodimarques.com/documentation/anthropologie_de_la_marque.php 

 

paysage choisi
«  Lors du Grenelle de l'environnement, on a peu abordé la question des paysages, pourtant nos paysages changent sous l'effet de la modernisation et de l'industrialisation. Le nombre de paysans s'est effondré de 70% à 2% en cinquante ans en France. La terre n'est plus la même, la France est plate. Mais tout le monde le voit-il ? Vous pensez que c'est un fait que nous avons oublié nos paysages et que nous ne l'avons pas choisi...
... Et là, se pose un problème politique ! Ce n'est plus un problème de paysage géographique, c'est une affaire d'histoire et de politique. Car enfin, moi qui espère être en démocratie, je vote pour des gens qui auront ou n'auront pas le pouvoir et qui décideront telle ou telle chose, qui ont un programme. Mais, en général ce qui est en question sont des questions de pouvoir. Mais ce ne sont pas des questions d'environnement. C'est-à-dire, est-ce que j'ai voté moi, pour décider si la France serait plate ou serait encore bossue, avec des combes ou un paysage fleuri ? Je ne l'ai pas fait, on l'a fait sans me demander mon avis !"
»
Michel Serres, France-Info, mai 2009 http://inventerre.canalblog.com/archives/2009/05/18/13771831.html

 

 paysage désiré

« Le merveilleux n’y a rien d’artificiel mais ressort de la présence et du poids du quotidien qui a cette seule particularité d’être capté par les yeux encore enfantins de quelques adolescents prompts à effacer toute ligne de démarcation entre le paysage regardé et le paysage désiré. »

 Daniel Leuwers, préface à Le grand Meaulnes (1913) d’Alain-Fournier 

 

paysage désolé

«   Il n'y a rien de plus difficile à consoler qu'un paysage désolé. »

  Pierre Dac

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«  Ses paysages sont magnifiquement désolés. Steppe fauve, hérissée de tout un fouillis de métal, pylônes électriques, cuves à pétroles, tuyaux noirâtres, suintants, courant en tous sens, poteaux inclinés, vannes rouillées, épaves de camions, de tracteurs à chenilles. Des taillis de grêles derricks haubanés, des champs de pompes dont la tête d'insecte géant oscille en grinçant. »
Olivier Rolin, Bakou, derniers jours, Seuil, 2010
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paysage idyllique
«   Le paysage et les habitants, tout semblait idyllique, même les cimetières avaient un air de fête. »

Elisée Reclus, 1874 - Voyage aux régions minières de la Transylvanie occidentale, Le Tour du Monde, Nouveau Journal des Voyages, p. 27.

 

plaintes

«  ... Cavalerie des ponts nuits livides de l'alcool 

Les villes que j'ai vues vivaient comme des folles

Te souviens-tu des banlieues et du troupeau plaintif des paysages...»

Guillaume Appolinaire, Le voyageur

 

production

«  Le paysage est une valeur collective. Il est l’expression de valeurs culturelles partagées par une même communauté, qui vont au-delà du seul message esthétique (…) Le défi à relever est bien d’abord d’ordre culturel : le paysage doit devenir un projet, un projet partagé par tous les acteurs qui agissent sur la transformation de notre cadre de vie. »

 Jean Frebault, Les aménageurs doivent produire de la qualité paysagère


 qualités 

«  Appréhender un paysage, c'est accumuler consciemment les obstacles conceptuels et méthodologiques et s'attaquer à ce qui paraît être un tissu de contradictions. Il suffit d'énumérer les principales « qualités » que l'on reconnaît habituellement au paysage pour constater qu'elles relèvent de catégories souvent considérées comme étrangères ou contradictoires . »

Georges Bertrand, RGPSO, 1978.

 

regard

«  Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, n'est pas d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux, de voir l'univers avec les yeux d'un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d'eux voit, que chacun d'eux est.  »

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu. La prisonnière,  NRF, 1923: p. 309

 

rêve lucide

« J'ai fait un rêve des plus lucides, pendant lequel je traversais un pays très pittoresque dont chaque point de vue, chaque site, et je puis dire chaque arbre ou chaque maison se dessinait à mes regards internes avec tous les détails minutieux d'une réalité nettement perçue. Je ne retrouve, non plus, à mon réveil aucun souvenir de tableaux analogues. Faut-il supposer que ma mémoire a su les recueillir et les conserver aussi fidèlement sans que j'en aie la moindre conscience, ou bien mon imagination a-t-elle eu l'étonnant pouvoir non seulement de composer tous ces paysages, mais encore de les relier ensemble par ce déroulement ininterrompu de la route que j'ai cru parcourir ?»

Hervey de Saint-Denys, Les rêves et les moyens de les diriger, Tchou, Paris, 1964, p. 369.

 

« De ce terrible paysage,

Tel que jamais mortel n'en vit,

Ce matin encore l'image,

Vague et lointaine me ravit.

Le sommeil est plein de miracles !

Par un caprice singulier

J'avais banni de ces spectacles

Le végétal irrégulier,

Et, peintre fier de mon génie,

Je savourais dans mon tableau

L'enivrante monotonie

Du métal, du marbre et de l'eau. »

Baudelaire, Rêve parisien, 1857

 

senteurs

« Les paysages des Causses du Minervois qui s'inclinent vers les gorges de la Cesse et  ceux des collines marno-calcaires qui dominent les basses terres se reconnaissent dans leurs  vins charpentés et âpres, à l'arôme de pruneau. Plus fruités et plus souples, fleurant la  violette, les vins du Bas-Pays évoquent les paysages des plaines graveleuses que parsèment  les étangs. »

 D. Rambaud, La  vigne, le vin et le paysage en Minervois, thèse de Géographie.

 

sentiment

« Si tel assemblage d’arbres, de montagnes, d’eaux et de maisons, que nous appelons un paysage, est beau, ce n’est pas par lui-même, mais par moi, par ma grâce propre, par l’idée ou le sentiment que j’y attache. C’est dire suffisamment, je pense, que tout paysagiste qui ne sait pas traduire un sentiment par un assemblage de matière végétale ou minérale n’est pas un artiste. »

Charles Baudelaire, Le Salon de 1859, la Revue Française.

 

signes

«  La vallée de la Risle coule en contre-bas, les arbres cachent de leur mieux les signes esthétiquement discutables que notre civilisation a cru bon d'ajouter au paysage. »

Philippe Delerm, Les chemins nous inventent, Stock, 1997 : p.119 (La neige est notre madeleine : Beaumontel)

 

sonorités
« ... C'était sur la maison, l'innombrable toucher de l'espace familier, la houlée lointaine des pineraies au passage d'un coup de vent, le cri rouillé d'une chevêche en chasse, toute la grande paix vigilante des nuits, où cette nuit s'entendait, infatiguable, le grondement de l'oeillard au travail. »

Maurice Genevoix, Raboliot, Grasset, 1925

 

« ... La démarche attribue ces différents statuts au paysage ; elle lui porte, en plus, d'autres regards qui renforcent l'évocation du visuel. Il s'agit parfois, avec la description gestuelle des paysans à l'oeuvre, de préciser le tableau campagnard. Ce sont en d'autres endroits, des composantes audibles, comme les bruits qui traduisent le déplacement d'une charette ou les martèlements de forgerons en pleine activité...»

Hervé Rakoto Ramiarantsoa, Chair de la terre, oeil de l'eau, 1995
 
tout disparaîtra

« Poètes, peintres, voyageurs enthousiastes, hâtez-vous de réjouir vos yeux, bientôt il ne sera plus temps. La vapeur et l’industrie vous suivent, vous touchent, vous dévorent, vous dépassent : l’industrie qui dessèche les marais, qui laboure les prairies ; la vapeur qui culbute les moulins à vent, qui coupe les montagnes, les rivières et les sentiers des rêveurs, qui plante à tout bout de champ des cheminées gigantesques dont la fumée nous gâte le peu de beau ciel que nous laisse l’orage. »

Arsène Houssaye,  De la poésie , de la vapeur et du paysage, 1842

 

trajectoires    

« C’était un pays plus libre et plus sauvage, où la terre, laissant affleurer sa surface pure, semblait nous inviter, en exaspérant d’elle-même notre vitesse, à nous rendre sensible comme du doigt sa seule courbure austère, et, aspirant toujours plus loin notre machine lancée à fond de course, indéfiniment à faire basculer ses horizons. »

Julien Gracq, Le rivage des Syrtes, 1951, José Corti

 

tropiques
«  Les crépuscules dans cet enfer africain se révélaient fameux. On n'y coupait pas. Tragiques chaque fois comme d'énormes assassinats du soleil. Une immense chique. Seulement c'était beaucoup d'admiration pour un seul homme. Le ciel pendant une heure paradait tout giclé d'un bout à l'autre d'écarlate en délire, et puis le vert éclatait au milieu des arbres et montait du sol en traînées tremblantes jusqu'aux premières étoiles. Après ça, le gris reprenait tout l'horizon et puis le rouge encore, mais alors fatigué le rouge et pas pour longtemps. Ça se terminait ainsi. Toutes les couleurs retombaient en lambeaux, avachies sur la forêt comme des oripeaux après la centième. Chaque jour sur les six heures exactement que ça se passait. »
Louis-Ferdinand Céline,Voyage au bout de la nuit, Gallimard, 1932
 
«  N°8. Paysage tropical
Cette image est un aperçu du Paysage tropical, fouillis inextricable de plantes que la fougue des sèves aide à lutter pour la lumière et la vie... »
Série 23 : Types de paysages
Les Merveilles du Monde Volume 1, album édité par Nestlé, Gala, Peter, Cailler & Kohler, 1929

 

«  Eau et forêt vierge !... Coment rendre ces impressions ? Nous croyons rêver. Les paysages antédiluviens  que nous avons vus quelque part sur des dessins fantaisistes sont ici réalité. [...] Le spectacle reste le même des heures durant. Chaque coin, chaque tournant ressemble à ceux qui l'ont précédés. Toujours et toujours la même forêt, la même eau jaunâtre, monotonie qui accroît infiniment l'impression que dégage cette nature. »
Albert Schweitzer, A l'orée de la forêt vierge, Albin Michel, 1953

 

univers parallèle

«  Dans ces montagnes, j'ai visité des grottes. Ces mondes souterrains me fascinent totalement, mais pas comme un spéléologue. J'y vois un univers parallèle au nôtre, peuplé de personnages cachés... »

Jack Chaboud,  Petite géographie intime, Le Pré aux Clercs éd., 2001

 

valeur 
«  L'une des grandes ambiguïtés de la présente époque est sa conception de valeurs stables. Elle s'accroche au paysage comme à un point d'ancrage, lui refusant de plus en plus l'évolution de peur de ne savoir l'enrichir.. »
Jean-Robert Pitte, Histoire du paysage français, Taillandier, 1883
.
ville debout
 «  Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s'allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l'Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.  »
Louis-Ferdinand Céline , Voyage au bout de la nuit, Gallimard, 1932
 

 Citations sur le paysage recueillies par Jean-Michel Lebigre

dernière mise à jour : 24 sept. 2016

 

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