Citations sur le thème des paysages - 2
Le document 60 citations sur le thème des paysages étant devenu trop volumineux, nous avons décidé d'en retirer tout ce qui y relevait directement de textes en langues étrangères, de traductions ou de textes d'auteurs d'origine étrangère écrivant en français, C'est sur cette base que s'élabore désormais cette nouvelle page.
Apparences
« Les arbres
Nous sommes pareils à des troncs d'arbres dans la neige. On dirait qu'ils sont simplement posés, d'une chiquenaude on devrait pouvoir les pousser. Non, ce n'est pas possible, car ils sont solidement attachés au sol. Mais regarde bien : même cela n'est qu'une apparence . »
Franz Kafka
La métamorphose et autres récits. Traduction de Claude David. Gallimard, 1990 : p. 55.
Carte (au delà de la)
« … la lecture des catalogues (1) procure le même plaisir que celle de l'ancienne carte d'une ville ou d'un quartier, où l'on se promène dans des vestiges imaginaires, repérant un carrefour, se perdant dans un marché, longeant une douve, guettant son frémissement le long de la ligne sinueuse des murailles , qui disparaît à l'instant même où l'on croit le saisir. »
Dai Sijie
Par une nuit où la lune ne s'est pas levée, Gallimard, 2007 : p. 33.
(1) de la collection de l'empereur Huizong.
Oiseau de proie
Egon Schiele voulait survoler les villes comme le ferait un oiseau de proie. La ville de Krunau dans le Sud de la Bohême, fut le modèle des villes représentées en perspective aérienne. Ville au bord du fleuve bleu II nous montre une agglomération entourée d'eau sur deux côtés et dont la vie se réduit aux couleurs.
Perversité
Oui, (Gertrude Stein) aimait les beaux paysages, mais elle ne voulait pas s'asseoir pour les regarder. Elle les avait vus et savait qu'ils étaient là. Puis elle s'est assise dans la direction d'autres. Très pervers.
Paul Bowles
Entretiens avec Florian Vetsch, 1995
Préfiguration
« La montagne n'était pas plus haute qu'elle n'était vraiment profonde. Aussi même au sommet, levant les yeux, pouvait-on distinguer un à un les troncs dans leur alignement parfait. Ces cryptomères serviraient pour des constructions dans la tradition de l'art du thé, et ne serait-on pas tenté de dire que les lignes mêmes de la forêt en étaient comme une préfiguration ? »
Yasunari Kawabata
Kyoto, Albin Michel trad. Philippe Pons, p. 98
À l’instant, dans le vide du paysage, une clameur s’éleva, dont l’acuité perça l’air immobile ainsi qu’une flèche pointue volant droit au coeur du pays, et comme par enchantement, un torrent d’êtres humains nus, avec des lances dans leurs mains, avec des arcs, des boucliers, des yeux féroces et des gestes sauvages, fut lâché dans la clairière par la sombre et pensive forêt. La brousse trembla. Les hautes herbes un instant s’inclinèrent, et ensuite tout demeura coi dans une attentive immobilité.
Joseph Conrad 1902, Heart of Darkness,
Traduit par G. Jean-Aubry et A. Ruyters, 1920
Première édition : 24 septembre 2016