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Articles avec #soudan du sud tag

Sud-Soudan : à Kodok le souvenir de Fachoda et de la mission Marchand

Publié le par Jean-Michel L.

9°53'N, 32°07'E

La colonne Marchand (1896-1899), en provenance du Congo et de ce territoire devenu Centrafrique, s'établit à Fachoda le 10 juillet 1898 avant d'en repartir en direction de Djibouti sur les ordres de la diplomatie française. Face-à face inégal : en face de la mission Marchand (15 officiers français, 250 tirailleurs d'origine bambara) les 25 000 hommes du Général Kitchener. Fachoda, c'est donc le souvenir en Afrique de vives rivalités coloniales entre la France et le Roaume-Uni et celui d'une mission d'exloration qui traversa l'Afrique de l'Atlantique à l'océan Indien.

Qu'en reste-t-il ? Une ville du Sud-Soudan sur la rive gauche du Nil, Kodok. Cette localité a beaucoup souffert de la guerre civile, les militaires soudanais y ayant commis de sanglants massacres dans les années 60.

Le paysage plutôt sec avec une végétation herbacée y est caractéristique de la zone sahélo-soudanienne.

A noter l'erreur de Google Earth qui localise Kodok à 9°51'N - 32°01'E en pleine brousse presque vide d'habitants.

SSOUD Kodok 2004 GE500Kodok (image Google Earth, 2004, échelle : L = 2 000 m)

SSOUD Kodok 2004 GE200aDétail de Kodok (image Google Earth, 2004, échelle : L = 800 m)

Première édition : 11 janvier 2011

Sud-Soudan : à Kodok le souvenir de Fachoda et de la mission Marchand

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Dinka et Nuer du Sud-Soudan

Publié le par Paesaggio

On nous dit que le Sud-Soudan qui a pris son indépendance en 2011 est au bord de la guerre civile. Ce pays enclavé, plus étendu que la France et peuplé de 11 millions d'habitants, drainé par le Nil Blanc a beaucoup souffert pour obtenir son nouveau statut : on évalue à un million et demi le nombre de morts liés à la guerre d'indépendance commencée en 1983. Dans ce pays, on découvre un véritable mosaïque ethnique. Cependant deux grands groupes émergent : les Dinka et les Nuer qui n'ont jamais réussi à coexister au sein de l'armée du jeune Etat.

  • Les Dinka seraient près de deux millions. Ce peuple nilotique (groupe linguistique) en majorité christianisé par les missionnaires anglais est encore principalement voué aux activités agro-pastorales. Son leader est le président dela République Salva Kiir, mais il ne faut pas oublier que jusqu'en 2005 où il décéda, le chef de la guérilla était John Garang, un autre Dinka. C'est en pays Dinka que se trouve Fachoda.
  • Les Nuer sont moins nombreux que les Dinka mais ils sont linguistiquement nilotiques comme eux et également agro-pasteurs. Il semble qu'ils soient restés majoritairement animistes. Une partie d'entre eux est rattachée à l'Ethiopie. Ce sont des guerriers farouches qui ont été fortement impliqués dans la guerre d'indépendance. Ils sont considérés également comme de gros travailleurs. Leur chef actuel est Riek Machar, vice-président destitué en juillet 2013 qui s'était déjà illustré en 1991 pour des massacres au Jonglei. Ils sont aujourd'hui considérés comme des rebelles et tiennent la capitale du Jonglei, Bor.

Le détonateur du conflit a été cette destitution de Riek Machar, suivie de massacres il y a quelques jours. Un des enjeux est le contrôle du pétrole qui part par oléoduc vers Port-Soudan en dehors du territoire. A Bor, les massacres ont fait des centaines de morts (Le Monde).

Dinka et Nuer du Sud-Soudan
Bor, la capitale du Juglei, à 200 km en aval de Juba : une ville martyr

Bor, la capitale du Juglei, à 200 km en aval de Juba : une ville martyr

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Le camp UNMIS d'Abyei au Kordofan

Publié le par Jean-Michel L.

9°36′N - 28°26'E

Voici un très grand camp de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS). Il est située à Abyei, dans la région stratégique du Kordofan méridional en limite du Soudan et du tout neuf Sud-Soudan, sur l'axe NS du Nil. Cette ville revendiquée et par le Nord et par le Sud, a une importance stratégique au coeur des neuf royaumes Ngok Dinka (animistes) riche en ressources pétrolières.La situation (prise de la ville par les forces armées du Nord en mai et juin, fuite d'une partie de la population)  y est explosive.

SUDSOU AbyeiUNMIS 2011 GE100GeoEye

Le camp en février 2011 ; on voit 3 hélicoptère de ravitaillement, des camions, des conteneurs... Image GeoEye pour Google Earth. 

SUDSOU AbyeiUNMIS 2004 GE500

Avant l'établissement du camp. Image Google Earth de 2004. 

SUDSOU AbyeiUNMIS 2011 GE500GeoEye

Même espace 7 ans plus tard (camp en brun rouge (sol nu) : on note la rapidité de l'urbanisation à laquelle l'ONU n'est pas étrangère. Image GeoEye pour Google Earth. 

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Sud-Soudan, naissance d'une nation ?

Publié le par Jean-Michel L.

Du 9 au 15 janvier 2011 se déroule, sous le contrôle de l'ONU, un réferendum d'autodétermination au Sud-Soudan ravagé par deux guerres civiles très meurtrières (1955-1972 et 1983-2005) après l'indépendance du Soudan en 1955.  Durant ces 55 années de grandes souffrances auxquelles se sont ajoutées de terribles famines en partie de nature climatique, un esprit de résistance a émergé. Ce probable futur Etat, fortement  enclavé, est peuplé de neuf millions d'habitants et couvre un peu plus que la superficie de la France.  Avec ce pays, il existe un lien celui du fameux épisode de Fachoda  (devenu Kodok, un peu en aval de Malakal) et de la colonne Marchand (1898). Sa population animiste et chrétienne est connue à travers certains de ses peuples nilotiques, notamment les Nuer qu'a décrit vers 1930 l'ethnologue britannique E. Evans-Prichard. Le sous-sol riche en pétrole et en divers minerais annonce des lendemains qui déchantent car ils ne peuvent qu'être que sources de conflits.

SSOUD Malakal 2005 GE125A Malakal sur les bords du Nil en pays Shilluk (Google Earth, 2005)

SSOUD Nimule 2007 GE125Cases coniques à Nimule à la frontière ougandaise (Google Earth, 2007)

SSOUD Juba 2009 GE100aA Juba ou Djouba, la capitale régionale actuelle (Google Earth, 2009)

Sud-Soudan, naissance d'une nation ?

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