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Articles avec #paysages a la une tag

Au pays des Rohingya sans patrie

Publié le par Paesaggio

Parmi les grandes religions, il y en a une qui ne s'est jamais imposée par les armes et qui par contre a été (et est encore au Tibet principalement) cruellement persécutée : c'est le bouddhisme. Aussi ne peut-on être que profondément choqué par ce qui se passe au Myanmar (la Birmanie). On peut y rencontrer des bonzes appelant à des exactions contre les membres de cette minorité apatride musulmane appelée Rohingya. On leur refuse en effet la nationalité birmane. Le bonze Ashin Wirathu qui vit à Mandalay s'est notamment signalé par ses prises de positions ultranationalistes haineuses, ce qui va à l'encontre de toute la pensée bouddhique. Tout le monde sait qu'historiquement des musulmans ont sans état d'âme persécuté des bouddhistes principalement dans le sous-continent indien. Mais cela ne saurait être une raison de se venger sur de pauvres gens victimes d'une épouvantable épuration ethnique. De ce point de vue, le silence d'Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix 1991 et icône démocratique de la Birmanie, longtemps privée de liberté par les militaires, est assourdissant... au point que le Dalaï Lama ait prié celle-ci de s'exprimer. Mais la chose semble difficile quand la grande majorité de la population éduquée par plusieurs décennies de dictature est unanime pour chasser "les musulmans" et que des élections importantes s'annoncent.

Les premiers Rohingya seraient arrivés dans l'Etat d'Arakan il y a plusieurs siècles. Mais c'est lors de la colonisation britannique que l'immigration en provenance du Bangladesh a été la plus significative. Les persécutions qui auraient commencé au XVIIIe siècle, ont atteint leur paroxysme lors de l'occupation militaire japonaise et se sont multipliées depuis 2012. C'est cette insécurité, doublée de misère économique qui est à l'origine de la multiplication de boat-peoples.

Référence :Warda Mohamed : Des apatrides nommés Rohingyas. Le Monde Diplomatique, novembre 2014

Au pays des Rohingya sans patrie

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Proche-Orient : le génocide oublié des Assyro-Chaldéens

Publié le par Paesaggio

Dans le Monde du 23 avril, Joseph Yacoub revient sur un drame que beaucoup ignorent, le confondant souvent avec le génocide arménien. Le terme Assyro-Chaldéens désigne les descendants des vieilles civilisations du Proche-Orient apparues il y a 5 000 ans. Il s'agit pour l'essentiel de chrétiens nestoriens qui ont transmis jusqu'à aujourd'hui la langue araméenne, mais aussi de minorités religieuses sur lesquelles le christianisme a pris le pas. Victimes de nombreuses persécutions tout au long de leur histoire, de 1915 à 1918, elles sont victimes des Turcs Ottoman et de leurs vassaux, essentiellement des Kurdes. Le processus planifié d'éradication est assez semblable à celui qui touche les Arméniens. Il concerne la région d'Hakkari, celle de Mardin où sont concentrées ses populations et Urmia dans la Perse du N.O. La moitié de la communauté qui atteignait un demi-million de personnes est massacrée, les bâtiments religieux détruits ainsi que les précieux manuscrits qui s'y trouvaient, les terres et les biens sont volés. La Turquie n'a jamais reconnu cet autre génocide.

Références:

Courtois S. de, 2002.- Le génocide oublié, chrétiens d'Orient, les derniers Araméens, Ellipses, Publication d'archives diplomatiques du ministère français des Affaires étrangères : période 1895-1914.

Wikipédia : Génocide assyrien

Yacoub J., 1985.- La question assyro-chaldéenne, les Puissances européennes et la SDN (1908-1938), 4 vol., thèse univ. Lyon.

Proche-Orient : le génocide oublié des Assyro-Chaldéens
Hakkari, ville turque (image satellitaire via Google earth)

Hakkari, ville turque (image satellitaire via Google earth)

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Katmandou : une forte vulnérabilité à l'aléa séismique

Publié le par Paesaggio

Katmandou : une forte vulnérabilité à l'aléa séismique

Séisme : aIdez les Népalais via Karuna-Shechen, la fondation animée par Matthieu Ricard

Il est difficile de trouver plus vulnérable aux séismes que la populeuse conurbation de la vallée de Katmandou :

- l'aléa séisme fait partie de la vie d'un pays situé à la confrontation (phénomène de subduction) de deux grandes plaques tectoniques ; il y a au Népal au moins un grand séisme par siècle ;

- la vallée est très peuplée : plusieurs millions d'habitants vivant dans des conditions généralement très précaires, de plus intoxiqués par la pollution ; le Népal est un des pays les plus pauvres du monde ;

- l'Etat népalais est un édifice fragile, incapable d'imposer des réglementations à l'ensemble de la population ;

- l'habitat, des immeubles de plusieurs étages, est généralement construit sans respecter les normes antisismiques.

Par chance, le séisme a eu lieu dans la matinée et non la nuit, ce qui a empêché un nombre encore plus grand de victimes.

Katmandou : une forte vulnérabilité à l'aléa séismique
Katmandou : une forte vulnérabilité à l'aléa séismiqueKatmandou : une forte vulnérabilité à l'aléa séismique

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L'amok, un mal malais ?

Publié le par Paesaggio

« Donc l’amok...oui, l’amok, voici ce que c’est : un Malais, n’importe quel brave homme plein de douceur, est en train de boire paisiblement son breuvage... il est là, apathiquement assis, indifférent et sans énergie... tout comme j’étais assis dans ma chambre... et soudain il bondit, saisit son poignard et se précipite dans la rue... il court tout droit devant lui, toujours devant lui, sans savoir où... Ce qui passe sur son chemin, homme ou animal, il l’abat avec son kris, et l’odeur du sang le rend encore plus violent... Tandis qu’il court, la bave lui vient aux lèvres, il hurle comme un possédé... mais il court, court, court, ne regarde plus à gauche, ne regarde plus à droite, ne fait plus que courir avec un hurlement strident, en tenant dans cette course épouvantable, droit devant lui, son kris ensanglanté... Les gens des villages savent qu’aucune puissance au monde ne peut arrêter un amok... et quand ils le voient venir, ils vocifèrent, du plus loin qu’ils peuvent, en guise d’avertissement : “Amok! Amok!” et tout s’enfuit... Mais lui, sans entendre, poursuit sa course ; il court sans entendre, il court sans voir, il assomme tout ce qu’il rencontre... jusqu’à ce qu’on l’abatte comme un chien enragé ou qu’il s’effondre, anéanti et tout écumant... »

extrait de Stephan Zweig : Amok, traduction de Alzir Hella et Olivier Bournac

L'amok, un mal malais ?
L'amok, un mal malais ?

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