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Articles avec #histoire tag

Histoire d'Ychoux: le poids du chemin de fer

Publié le par Paesaggio

44°19'N, 00°56'W

La fondation d'Ychoux date au moins du XIIe siècle : il devait y avoir quelques maisons autour de l'église Sancta Maria de Ussous. Sa vocation fut longtemps liée aux moutons et à des forges (notamment celle des Lareillet au XVIIIe siècle). Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, cette petite commune (plus de 2 000 habitants) du département des Landes doit beaucoup à la ligne de chemin de fer qui, via une très longue ligne droite où ont été battus bien des records de vitesse, va de Bordeaux à Dax. La gare d'Ychoux a été créée en 1857 peu après cette voie ferrée. Vint s'y raccorder une voie Moustey-Pissos-Parentis. Le chemin de fer permettait alors d'enlever la résine et les grumes de pins maritimes, la richesse locale. Depuis quelques années, une partie de cette voie a été transformée en piste cyclable à l'image de celle qui un peu plus au nord va de Mios à Bazas. La nouvelle vocation d'Ychoux est celle d'une cité-dortoir reliée à la métropole bordelaise par des trains rapides. Le foncier a été l'argument déterminant, le prix du mètre carré de terre étant bien meilleur marché au coeur des Landes de Gascogne qu'à Toctoucau ou à Biganos. Depuis les années soixante la population a doublé et ne cesse d'augmenter d'année en année.

Ychoux sur Google earth

Ychoux sur Google earth

La salle des fêtes, la voie ferrée Facture-Dax
La salle des fêtes, la voie ferrée Facture-Dax

La salle des fêtes, la voie ferrée Facture-Dax

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Un don de la perekovka : le canal Staline ou Belomorsko

Publié le par Jean-Michel L.

Le canal Staline qui joint la mer Blanche à la mer Baltique via les lacs Onega et Ladoga a été construit sous les ordres de Staline, le chef de l'Etat Soviétique de 1931 à 1933. C'est le résultat de la perekovka, la réhabilitation par le travail pour environ 200 000 détenus (des opposants au tyran ou considérés comme tels pour l'essentiel) : entre 30 000 et 60 000 moururent. Le canal est en fait trop peu profond pour permettre le passage de gros navires. On peut le considérer comme inutile.

carte de situation

carte de situation

Une vue du canal par 61°N

Une vue du canal par 61°N

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La marine française s’empare de Tombouctou

Publié le par Jean-Michel L.

Voilà un fait authentique mais mal connu. Le 12 décembre 1893, de sa propre initiative, le lieutenant de vaisseau Gaston Boiteux s’empare de Tombouctou, à la tête d’une quinzaine de laptots (matelots africains), sans un coup de feu. Son grand courage est mêlé d'une réelle inconscience. La ville, fortifiée, est alors sous la tutelle de Touaregs depuis une trentaine d’années ; la population locale très métissée à l’image de son histoire (domination songhaï, peul, marocaine, touareg), ne supporte pas leurs exactions ce qui l’entraîne à prendre partie pour Boiteux. Ce jeune officier français est né à Meures en Champagne en 1863 ; il se suicidera à Grenoble en 1897 en pleine dépression liée à une maladie. Il est arrivé à Kabara, le port de Tombouctou, grâce aux deux petites canonnières qui constituent la flotte de guerre française sur le Niger. Il envoie un message de victoire à son autorité navale. Pour le prix de cette conquête, l’enseigne de vaisseau Léon Aube (1866-1893), fils de l'amiral et ministre de la Marine, a été tué avec ses 19 hommes, dont le second-maître Le Dantec, par les guerriers touaregs à Our-Maïra alors qu’il était censé garder les canonnières. Désobéissant aux ordres du gouverneur civil du Soudan (c’était alors le nom du Mali), le lieutenant-colonel Bonnier qui est parti de Ségou vient à son secours avec une rapidité incroyable en espérant que l’infanterie de marine puisse s’approprier la gloire de la prise de la ville mais il est trop tard. La nouvelle du succès de Boiteux est déjà connue à Paris. Cependant on peut dire que Bonnier a sauvé Boiteux qui n'aurait pu tenir longtemps seul. En janvier, la colonne Bonnier va malheureusement être presqu'intégralement massacrée par les Touaregs devant Goundam.

Cet tragique épisode laisse un goût amer dans le paysage colonial de cette époque : le mythe de Tombouctou entretenu par René Caillé est responsable de ce qui apparaît comme un invraisemblable mic-mac que la presque totalité des manuels d’histoire préfère ignorer. Il suffit de faire un petit tour sur le web pour s'aperçevoir que la propagande qui a fait de Joffre le vainqueur de Tombouctou a la vie dure ! 

A lire :

Grevoz, D., 1993.- Les canonnières de Tombouctou: Les Français à la conquête de la cité mythique 1870-1894. L’Harmattan, 193 pages

Grevoz, D., 2006.- Tombouctou 1894. L’Harmattan, 213 pages

Tombouctou 1893

 

Tombouctou JML 20

MALI Tombouctou 2006GEImage satellitale GE de 2006 : le vieille ville de Tombouctou

MALI Kabara 2007Image satellitale GE de 2007 : Kabara

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Un aller simple pour Goundam, Mali

Publié le par Jean-Michel L.

Le 15 janvier 1894, à Goundam, petite ville de pisé du Col-de-Cygne malien (18 000 habitants),  l'armée française a connu un de ses pires revers lors de ses opérations de conquête de l'ancien Soudan français. On parle parfois à ce sujet de "bataille de Tacoubao" ou de "bataille de Taqinbawt", nom d'un lieu-dit situé à 12 km au NE de Goundam (une autre version voudrait que l'évènement ait eu lieu près de Ras-el-Mâ). On emploie plus souvent le terme de "massacre de Goundam". Les versions varient considérablement. On peut cependant affirmer qu'alors qu'ils dormaient le lieutenant-colonel Eugène Bonnier, de nombreux officiers français et une centaine de soldats africains qu'il commandait, furent massacrés par des guerriers touaregs Tenguérif (ou Tinguéréguif) et Kel Antassaret, rendus furieux par la prise de Tombouctou et la confiscation de troupeaux. Plus sordidement il y aurait eu aussi des enlèvements de femmes et de la revente d'esclaves ! L'histoire raconte que Bonnier, en conflit avec le gouverneur du Soudan, avait agi de son propre chef et qu'il s'était heurté à certains de ses officiers qui l'avaient devancé dans la prise de Tombouctou (autre médiocre conflit avec l'officier de marine Boiteux). Le colonel (futur maréchal) Joffre se vengera en se rendant responsable d'un massacre assez similaire à celui de Goundam au cours duquel l'amenoukal des Tinguéréguif sera tué.

A lire :

Jacques Hureiki, 2003.-  La version touarègue de la bataille de Taqinbawt (Tacoubao). Journal des africanistes,  73-1   : 127-136.

Goundam in : Wikepedia in english.

Goundam JML1

Les lacs sont en fait des dépressions inondables lors des périodes humides

MALI Goundam-GE2011 200Goundam (image GE), une ville fondée il y a plusieurs siècles qui reçoit de nombreux réfugiés depuis l'indépendance du Mali

Mali 1970 Goundam JML 16

Goundam, une magnifique cité sahélienne où dromadaires et ânes convergent les jours de marché

Mali 1970 Goundam JML 14REn descendant vers le Tassakan qui relie le lac Télé au Niger

Mali 1970 Goundam JML 23RGoundam est  une ville de brassage ethnique : Songhaï, Peuls, Touaregs, Bella (ici), Maures

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