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Articles avec #arbres & forets tag

L’arbre dans la ville : histoire d'un mal aimé

Publié le par Paesaggio

L'arbre en ville (ici Séoul) un artifice ?

L'arbre en ville (ici Séoul) un artifice ?

Je commencerai par la bibliographie en recommandant au moins 4 livres :

- Jacques Brosse, 1989. Mythologie des arbres. Petite Bibiothèque Payot.

Il s’agit de la bible sur ce sujet immense. Certes Jacques Brosse (1922-2008) était naturaliste mais aussi philosophe, historien des religions et moine bouddhiste. A noter : l'index, ridicule, ne répertorie qu'un quart des termes et des espèces.

- Decourt et al., 1979. La forêt et la ville. INRA.

Voilà un livre qui n’a pas peur d’en découdre avec les lieux-communs. La conclusion est directe : les arbres n’aiment pas la ville. La ville n'aime pas l'arbre qu'elle détruit sans vergogne.

- Francis Hallé, 2011. Du bon usage des arbres - Un plaidoyer à l'attention des élus et des énarques. Actes Sud.

Un excellent ouvrage par un des grands maîtres de la botanique tropicale, l’auteur des 10 commandements pour les arbres.

- Jean Mottet (dir.), 2002. L’arbre dans le paysage. Champ Vallon.

Un livre qui re-situe l’arbre dans l’art et qui ne mélange pas représentations mentales et biologie.

Dans un monde idéal, tout le monde aime les arbres et ne voit que les avantages (voir article précédent), mais dans la réalité, peu les supportent.

C’est monsieur(madame)-tout-le-monde qui aime les arbres mais ne supporte pas les feuilles qui s’accumulent sur le trottoir, les fruits qui tombent sur sa voiture (1), le pollen qui le fait éternuer ou le rend malade, qui aime bien son ombre l’été mais pas la perte de lumière causée par l’arbre devant sa fenêtre l'hiver, qui n’aime pas que l’arbre de son voisin pénètre dans son jardin sous forme de racines par exemple. Et qui n’hésite pas à faire des procès à sa mairie et à ses voisins. Et que dire alors des arbres qui s’abattent sur les maisons et dans les rues lors des tempêtes, qui s’enflamment comme des torches lors des incendies ? Et puis il ya ceux qui s’offusquent que le service espaces verts de la mairie mobilise un gros budget, ne serait-ce que pour l’élagage des branches mortes. Après la tempête de 99, un mouvement de décapitation comme on n'en avait pas vu depuis la Révolution envahit la France.

Et si on demande l’avis de l’arbre, si on ne le considère pas comme un meuble, on s’aperçoit que l’arbre ne se sent pas très à l’aise sur les trottoirs. Au pire comme à Tuléar, chacun vient en couper un morceau pour faire bouillir la marmite au sens strict. Plus généralement on le taille comme un caniche provoquant des cicatrices propices aux phyto-pathologies. Il manque d’eau et de volume de sol.

(1) ou sur la tête de quelqu’un, surtout quand il s’agit d’une mangue bien mûre sise à 15 mètres au-dessus du trottoir, comme à Belem do Para ou à Kinshasa.

Attention aux catastrophes naturelles (Nouméa en 2005 après Erika)

Attention aux catastrophes naturelles (Nouméa en 2005 après Erika)

A tous les adversaires des fruits mûrs et des déjections aviennes

A tous les adversaires des fruits mûrs et des déjections aviennes

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L'arbre dans la ville, confetti d'une résilience citadine désirée

Publié le par Paesaggio

1. Osaka (l'arbre décor), 2. Antananarivo (l'arbre identitaire*), 3. Saïgon (l'arbre épurateur), 4. Tokyo (le boisement repos)1. Osaka (l'arbre décor), 2. Antananarivo (l'arbre identitaire*), 3. Saïgon (l'arbre épurateur), 4. Tokyo (le boisement repos)
1. Osaka (l'arbre décor), 2. Antananarivo (l'arbre identitaire*), 3. Saïgon (l'arbre épurateur), 4. Tokyo (le boisement repos)1. Osaka (l'arbre décor), 2. Antananarivo (l'arbre identitaire*), 3. Saïgon (l'arbre épurateur), 4. Tokyo (le boisement repos)

1. Osaka (l'arbre décor), 2. Antananarivo (l'arbre identitaire*), 3. Saïgon (l'arbre épurateur), 4. Tokyo (le boisement repos)

« Ne croyez pas – et ne tentez pas de faire croire – que dix jeunes arbres vont remplacer un grand et vieil arbre abattu : c'est une contrevérité sociale, écologique et financière. » (Francis Hallé)

 

Quelles sont les fonctions naturelles de l'arbre ?

-  producteur de sols (y compris des sols peu fertiles)

-  régulateur des eaux pluviales

-  protecteur contre l'érosion 

le système racinaire des arbres peut être utilisé pour stabiliser les terrains en pente ou pour assécher les sols humides

- brise vent

- filtre de la pollution (...dont il peut être lui-même victime)

  - fixation de carbone par absorption du CO2 si l'arbre est en croissance

  - production d'oxygène si l'arbre est en croissance

  - tamisage des poussières ; l’absorption des particules de métaux lourds par les feuilles participe à la purification de l’atmosphère

  - amortissement des bruits : un boisement permet de réduire la pollution sonore de 6 à 8 décibels par bandes de 30 mètres de large, sachant qu’une atténuation de 12 décibels diminue la sensation sonore d’environ 50%

- garant de la diversité spécifique végétale et animale  y compris virus et bactéries !

Quelles sont les fonctions définies par les hommes ?

- un plus esthétique  ; on peut construire des paysages identitaires à forte valeur ajoutée ; ne pas oublier cependant que l'arbre est un être vivant que l'on doit respecter et non un mobilier urbain !

- un rafraichissement par transpiration des feuillages et un ombrage

- la production d'énergie renouvelable : bois de feu, charbon de bois

- la production de matériaux : bois d'oeuvre et sous-produits, pâte à papier

- la production d'aliments : champignons, fruits, sucre, etc.

- la production de médicaments : voir la pharmacopée traditionnelle

- la production d'emplois si bonne gestion :  gardes, pompiers, bûcherons et sylviculteurs, chercheurs

- les boisements, un refuge pour les honnêtes gens, les résistants et les malfrats

- les boisements, une aire de détente, d'éducation et de loisirs :  promenade, sport, observation, chasse,

- espace thérapeutique : émissions bactéricides par certaines essences.

* Certes le Jacaranda est une essence introduite, il aurait mieux valu une espèce endémique, mais la réalité est là :on associe la capitale de Madagascar à cet arbre.

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Les Landes à Salles vers 1540 : des paysages loin des idées reçues

Publié le par Paesaggio

Le plateau landais actuel à Salles

Le plateau landais actuel à Salles

On a l'habitude de considérer le paysage des Landes de Gascogne avant la moitié du XIXe siècles comme constitués d'immenses étendues sableuses couvertes de landes et de marécages, parcourues par des ovins gardés par des bergers sur échasses, soumises au paludisme et aux bandits de grand chemin. Des terriers du XVIe siècle nous décrivent la paroisse Saint-Pierre de Salles-en-Buch dans le Sud de l'actuelle Gironde, comme très différente. Nous nous sommes intéressés à la rive gauche de l'Eyre, pourtant la moins riche. Surprise.

Les principales composantes des paysages

  • les bois, taillis et garennes, domaine des conils (lapins) et des lièvres dont les bois de chênes, importants pour la glandée, notamment dans les vallées encaissées ;
  • les pignadas  ou peuplements de pins maritimes, avec leurs sous-bois de brana (brande), jaugue  (ajonc), bluc (bruyère) et fougères, qui produisent de la résine, exportée par charrois de boeufs vers Bordeaux, et du bois  [en 1540, 55% des tenures comprennent un pignada] ; le fief de Bilos correspond à une superbe forêt qualifiée comme celle de la Teste de "montagne" ;
  • les terres heres (landes) et les braux (marécages) : il s’agit de terres de parcours pour les ovins des bergers locaux et ceux venus venus du Béarn (appelés les Basques) ;
  • les terres labourables : à froment (blé), à seigle et à  millet ;
  • les vignes hautes et basses : elles sont déjà en place en 1540 ;
  • les prés aménagés à partir des exploitations de garluche en bordure des cours d'eau ;
  • les cournaux : ce mot désigne des hameaux plus petits que le quartier; les maisons y sont très espacées et entourées d’eyriaux;
  • les maynes : domaines ou petits groupes de maisons isolées au milieu d'eyriaux complantés de chênes, incluant des parcs couverts (tuile, brande) ou non ;
  • les peguiheyres sont les chemins de parcours des troupeaux et les chemins gleysey ceux qui se dirigent vers l'église  ;
  • à noter : les nombreuses abeiheyras ou appiers (ruches).

Références :

Aubin, G., 1995. Salles à la fin de l’Ancien Régime : exploitation seigneuriale, structures foncières et société rurale. In : Klingebiel  A. &  Marquette J.-B.  (dir.) La Grande Lande : 9-40.

Jayr, Pierre, 1997. La seigneurie de Salles au milieu du XVIe siècle. Exploitation seigneuriale, structures foncières et sociales. Université de Bordeaux 3, Mémoire de maîtrise d’Histoire médiévale,  58 p. et annexes

La rive gauche de l'Eyre au niveau des communes actuelles de Salles et de Lugos

La rive gauche de l'Eyre au niveau des communes actuelles de Salles et de Lugos

Les Landes à Salles vers 1540 : des paysages loin des idées reçues

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L'ultime peur

Publié le par Paesaggio

Quand le plus fidèle ami de l'homme, connu pour être un brave toutou, ne fait plus peur, on a recours pour faire fuir le manant aux peurs enfouies au plus profond de nous. Non pas celle du loup, ni celle de l'araignée, celle de la vipère.

L'ultime peur
L'ultime peur

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