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Shinkolobwe (Katanga, RDC), mine de l'uranium de la bombe d'Hiroshima

Publié le par Paesaggio

Shinkolobwe (Katanga, RDC), mine de l'uranium de la bombe d'Hiroshima

Située non loin de Likasi au Katanga (ex-Shaba), la mine de Shinkolobwe  [11°02'S, 26°35'E] est officiellement fermée depuis 1960 mais des mineurs clandestins continuent d'y extraire de l'uranium et du cobalt.  En janvier 2004, le président de la République Joseph Kabila a  d'ailleurs confirmé cette fermeture en signant un décret présidentiel portant classement de Shinkolobwe comme zone interdite à toute activité minière. Cependant en août 2006, le Sunday Times apprend au monde que les douaniers tanzaniens auraient intercepté fin 2005, un chargement d'uranium 238 à destination de l'Iran ce qui a été bien entendu démenti.

L'exploitation clandestine, qui est encore d'actualité en 2009, est confirmée par l'Agence de Presse congolaise Syfia Grands Lacs qui dans un article du  2 décembre 2004 titrait : "Katanga : les mineurs clandestins défient la radioactivité". En voilà deux extraits :

" Là, les mineurs descendent au fond des carrières en équipe de deux à cinq personnes par des escaliers taillés sommairement. Une fois en bas, ils creusent dans la boue ou cassent des pierres pour créer des galeries et trouver les bons filons. Puis ils chargent des sacs de raphia de 50 à 60 kg sur leur dos et les remontent à la surface. Dans ces galeries profondes parfois de plus de 200 m, le travail se fait à l’aide de pelles, de pioches, éclairé par des torches et des lampes-tempête. "Ces conditions rudimentaires de travail sont à la base des éboulements qui tuent chaque mois des creuseurs dans l’anonymat total..."

"... L'uranium est acheté par les Chinois, Coréens, Pakistanais, etc. On en retrouve aussi à Kinshasa d'après l'Ong Global Witness. Selon un ingénieur de la Gécamines ayant requis l’anonymat, ce trafic ne concerne pas seulement l’uranium extrait de Shinkolobwe ou de Luswishi près de Lubumbashi mais aussi les déchets radioactifs enfouis au Katanga dans les années 1970. En dépit de la récente mise en garde de l'AIEA, les jeunes creuseurs, notamment ceux de Shinkolobwe Central, estimés à plus de 3 000, continuent à descendre sous terre... "

Le gisement d'uranium avait été repéré en 1915 par l'Union Minière du Haut Katanga. L'exploitation commenca en 1921 faisant de la Belgique le premier producteur mondial de radium. L'extraction du radium était réalisée à la Société Générale Métallurgique de Hoboken (SGMH) à Olen. La mine ferma cependant une première fois en 1937.

Shinkolobwe n'a pas la célébrité qu'elle pourrait légitimement avoir : c'est en effet là que fut extrait l'uranium qui permit aux États-Unis de construire la bombe atomique lancée sur Hiroshima. L'uranium fut vendu au gouvernement étatsunien par le directeur de l'Union Minière du Haut-Katanga qui arriva à faire exporter vers les Etats-Unis 1 200 tonnes de minerai en 1939. Les Etats-Unis parviennent à faire rouvrir la mine en 1942 mais, du fait de sa mauvaise rentabilité, celle-ci a été fermée pour une seconde fois en 1960, puis gardée par des militaires jusqu’à la chute de Mobutu en 1997. C'est le règne des trafiquants de toutes nationalités, notamment  un Nord-Coréen connu sous le nom de "Maître Kim". A leur service plusieurs milliers de clandestins travaillant au péril de leur santé et de leur vie. Quelle sera la suite ? Selon l'ASHADO Katanga, en mars 2009, l’Etat congolais aurait signé avec le groupe nucléaire français AREVA un accord donnant à cette société le monopole sur l’exploration et l’exploitation de l’uranium sur l'ensemble du territoire de RDC.

Images satellitales de 2009 (Google Earth) : le gisement et le village

ZAI Shinkolobwe-uranium GE11 2009

ZAI Shinkolobwe-uranium GE12

ZAI Shinkolobwe-uranium GE13

Premier partage : 21 décembre 2009

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Le topobioglyphe de Paul Léautaud (3)

Publié le par Paesaggio

Voilà quelqu'un dont le nom est lié à la ville de Paris et à sa banlieue et qui de fait ne les a que rarement quittées. Paul Léautaud est un écrivain réputé pour son amour des animaux, du moins les chats, sa misanthropie, qu'elle soit feinte ou non, son caractère assez casanier qui l'a conduit à ne sortir que très peu de Paris.

Son topobioglyphe se calque sur le "modèle compact" de ceux qui sont restés leur vie durant dans une seule région, n'en sortant qu'occasionnellement.

Le passage Stanislas à Paris, un des lieux habités par Léautaud
Le passage Stanislas à Paris, un des lieux habités par Léautaud

Le passage Stanislas à Paris, un des lieux habités par Léautaud

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Le topobioglyphe d'Alain-Fournier (2)

Publié le par Paesaggio

Les lieux nous façonnent presque toujours bien plus que nous ne les façonnons nous-mêmes. Un topobioglyhe (litt. : "les lieux de vie en gravure") consiste à placer sur une carte les lieux porteurs de sens de la vie d'une personne, de sa naissance à sa mort. Nous avons essayé de le faire récemment pour Maurice Genevoix, nous poursuivons avec Alain-Fournier, un écrivain dont l'oeuvre tient presque à un seul roman, mais quel roman, "Le Grand Meaulne", publié l'année précédant sa mort, il y a 100 ans dans l'horreur de la Grande Guerre. La difficulté est souvent d'éliminer certains lieux qui ont moins de sens que d'autres à l'échelle d'une vie. Ici par exemple, Nançay, le village où est né le père de l'écrivain  et où ce dernier passait la plus grande partie de ses vacances d'enfant est bien plus important a priori que les nombreuses casernes où il a résidé.  La finalité du topobioglyphe est la discussion sur un document qui ne demande qu'à se parfaire.

Le croquis

Le croquis

Le musée Alain-Fournier Jacques Rivière à La Chapelle d'Angillon, ville natale d'Alain-Fournier

Le musée Alain-Fournier Jacques Rivière à La Chapelle d'Angillon, ville natale d'Alain-Fournier

Meaulne qui a laissé son nom au héros du roman se trouve non loin d'Epineuil

Meaulne qui a laissé son nom au héros du roman se trouve non loin d'Epineuil

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Nançay et le « Pays oublié »

Publié le par Paesaggio

« Cet ensemble de solitude et de splendeurs sauvages était appelé le Grand Creux de Nangis-le-Captif. Les affluents de la Nère le drainaient. Par les clairs matins d'août, de tremblantes écharpes de brume y dessinaient les fonds et dansaient autour des villages rares et soudés autour de leurs clochers aussi effilés que des lances. C'était en vérité le « Pays oublié ». »  (X.B. Leprince : Le chant des abîmes, Ed Alsatia, Paris, 1961)

Ce roman destiné à des adolescents en quête de romantisme et d'aventures (beaucoup de scouts parmi eux !) a pour cadre Nançay et ses alentours, même si le nom de cette petite commune n'est pas mentionné. On comprend en partie pourquoi. En 1961, le radiotélescope, à l'écoute des signeaux venus de l'univers, devenu plus tard Pôle des Etoiles, n'était en fait pas encore construit (il a été inauguré en 1965). Assez rares étaient ceux qui savaient qu'il allait se construire là, ce qui avait été décidé en 1953. L'auteur faisait partie des personnes bien informées. Le site Jeux de pistes nous apprend que X.B. Leprince est un des pseudonymes du Colonel Maurice Suire, conférencier à l'Ecole de Guerre et auteur prolifique.

Dans le roman, une Sologne idéalisée est décrite avec poésie et romantisme. Ce n'est sans doute pas pour rien qu'Alain-Fournier, l'auteur du Grand Meaulne a vécu une toute petite partie de sa vie à Nançay et a fait une description du village. Nançay est toujours un village charmant (800 habitants) dans lequel les activités liées au tourisme occupent la première place.

Nançay et le « Pays oublié »
Nançay sur Google earth : 1. le Vieux Nançay en IR panchromatique, 2. Le bourg de Nançay, 3. Le Pôle des Etoiles.
Nançay sur Google earth : 1. le Vieux Nançay en IR panchromatique, 2. Le bourg de Nançay, 3. Le Pôle des Etoiles.
Nançay sur Google earth : 1. le Vieux Nançay en IR panchromatique, 2. Le bourg de Nançay, 3. Le Pôle des Etoiles.

Nançay sur Google earth : 1. le Vieux Nançay en IR panchromatique, 2. Le bourg de Nançay, 3. Le Pôle des Etoiles.

Une Sologne idéalisée
Une Sologne idéalisée

Une Sologne idéalisée

Le Nançay actuel
Le Nançay actuel
Le Nançay actuel
Le Nançay actuel

Le Nançay actuel

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