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Carbones del Cerrejón (Colombie) ou la mine aux dépens des Wayuu

Publié le par Jean-Michel Lebigre

Voilà un exemple, choisi en Amérique du Sud, illustrant bien le phénomène  redondant d'activités minières se faisant aux dépens des intérêts et de la santé des populations locales. Comme cela implique une société suisse, de vives protestations ont déjà été émises dans ce pays (groupe de travail Suisse-Colombie  ASK intervenu en janvier 2007) et des reportages sur le sujet sont déjà passés à la télévision suisse romande.

Carbones del Cerrejón est la société exploitant la mine de charbon du même nom. Ce serait la mine à ciel ouvert la plus grande du monde (69 000 ha, voir images Google Earth). Elle se situe dans la région de la Guajira dans le Nord-est de la Colombie. La compagnie El Cerrejón résulte de l'alliance depuis 2002 entre BHP Billiton (Australie), Anglo American  (Royaume-Uni) et Xstrata (Suisse). 

Xstrata  et Glencore (société suisse de courtage qui possède la majorité des actions de Xstrata ; toutes deux sont basées à Zoug) sont accusées d'avoir rasé des villages  wayuu et exproprié leurs habitants de force avec la complicité des autorités et de l'armée. colombiennes Les deux sociétés sont par ailleurs en conflit avec le syndicat des mineurs pour corruption et violations  des droits de l'homme. Amnisty International a mis en avant le cas du petit village afro-colombien de Tabaco dont les habitants ont été expulsés en 2001 http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/52/colombie.
 
En fait les problèmes ont commencé il y a 28 ans : " ... En septembre 1981, une grande partie du territoire appartenant depuis des siècles à la communauté wayuu de Media Luna a été usurpé pour construire le port d'embarquement de charbon de El Cerrejón. L'entreprise minière et le communauté se sont vivement affrontées lors d'une négociation, allant jusqu'aux menaces physiques. Les Wayuu voulaient obtenir une juste indemnisation leur permettant une réinstallation sur un autre territoire et le déplacement des cimetières. Mais la communauté a dû finalement céder, sans obtenir ce qui était attendu. De la même manière, les communautés Caracoli et Espinal qui s'étendaient sur 1000 hectares de terres et où vivaient 350 indigènes wayuu ont été déplacées en 1991 et leurs villages détruits... "
http://www.askonline.ch/themen/dokumenten/Declaration%20Cerrejon.09.07.pdf

La région est par ailleurs polluée par des particules provenant de la mine affectant aussi bien l'air que l'eau des cours d'eau. Cette situation pourrait être à l'origine des nombreuses pathologies dont souffre la population. Celle-ci est appauvrie par les expropriations arbitraires et sujette à la malnutrition. Le climat social est désatreux du fait de la présence de forces de sécurité privées, d'unités de l'armée nationale et de paramilitaires.









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Arthrocnemum indicum (Willd.) Moq. (Chenopodiaceae)

Publié le par Jean-Michel Lebigre

Il s'agit d'un halophyte des tannes. On le trouve donc en arrière des mangroves ou même dans leurs sous-bois (estuaire de la Betsiboka par exemple). Sa répartition va de l'Afrique de l'Est à l'Australie, en passant par Madagascar, le Pakistan, l'Inde et la Malaysia. On trouve la sous-espèce glaucum autour de la Méditerranée. Verte en période de croissance, cette plante prend des teintes rouge à mauve dès que les conditions de sécheresse et de salinité s'élèvent. On peut la consommer comme les salicornes, plantes auxquelles elle s'apparente.





Photos prises à Tuléar

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Nauru, une île dévastée par l'exploitation minière

Publié le par Jean-Michel Lebigre

Quand on parle d'exploitation minière, il est difficile de ne pas parler de ce qui est arrivé à Nauru, île et Etat-confetti d'Océanie (21 km2, 8 000 habitants en 2007). Nauru apparaît  en effet comme un des archétypes de l'Etat minier en même temps qu'une métaphore universelle du paradis perdu. Colonisé par l'Allemagne de 1888 à 1914, par l'Australie de 1915 à 1942, par le Japon de 1942 à 1945 , il l'a été à nouveau par l'Australie de 1947 à son indépendance, le 31 janvier 1968.

 


Autrefois une île haute couverte par une végétation exubérante en relation avec un contexte équatorial, une société micronésienne régie par la Coutume. En 1798, le capitaine britannique d'un baleinier baptise même l'île « Pleasant Island ». Aujourd'hui un paysage lunaire (image Google Eath), une société malade stricto sensu : problèmes cardio-vasculaires, diabète, alcoolisme et tabagisme sont le lot d'une grande majorité de la population. Il n'y a plus d'agriculture et de pêche, tout est importé. Devenue pour continuer à vivre un centre financier offshore, l'île  a même figuré sur la liste noire des plaques tournantes du blanchiment d'argent sale. Entre les deux, l'exploitation intensive du phosphate par la Nauru Phosphates Corporation qui a fait pendant quelques années de la République de Nauru un des Etats les plus riches du monde. 80% de la surface de coin de terre long de six kilomètres et large de quatre était occupée par l'exploitation de phosphate.

 


À partir de 1906, le minerai de phosphate qui constitue la seule ressource exploitée de l'île est prélevé par différentes compagnies. L'épuisement des réserves conjugué à une mauvaise gestion économique provoquent une grave crise financière et politique au début des années 1990. Aujourd'hui, Nauru est un Etat pauvre.


En 1888, Nauru, peuplée de 1 300 habitants, devient une colonie allemande. D'abord intégrée au protectorat de Marshall, l'île est ensuite rattachée à la Nouvelle-Guinée allemande en 1906. En 1900, un géologue néo-zélandais travaillant pour le compte de la Pacific Island Company (UK) découvre que l'île possède d'importantes réserves de phosphate. En 1906, la Pacific Island Company devient la Pacific Phosphate Company qui verse une redevance à la Jaluit Gesellschaft, la compagnie allemande qui possède les droits sur le sous-sol. Des travailleurs sont alors amenés des îles Gilbert, des Carolines et de Chine pour travailler dans les mines ce que refusent de faire les Nauruans. A la veille de la Première Guerre mondiale, la population de Nauru est composée de 1 400 Nauruans, 30 Allemands, 70 Britanniques et 1 000 chinois et Caroliniens. En 1914, les Australiens s'installent sur Nauru, mettant un terme définitif à la colonisation allemande de Nauru. La nouvelle puissance coloniale achète à la Pacific Phosphate Company pour 3,5 millions de livres sterling les droits d'exploitation du minerai de phosphate et poursuit son extraction par l'intermédiaire de la British Phosphate Commission qui revend le phosphate nauruan à bas prix aux agriculteurs australiens.

 


Au début de la seconde guerre mondiale, la marine allemande coule des phosphatiers en attente de chargement et détruit les infrastructures de la British Phosphate Commission. Un corps expéditionnaire japonais débarque sur l'île en août 1942 faisant prisonniers les Européens non évacués. L'armée japonaise organise la défense de l'île en la fortifiant et en assurant la construction d'une piste d'atterrissage, le futur aéroport international. Pour cela, ils font venir 1 500 Japonais et Coréens assistés par 300 travailleurs forcés nauruans. En dépit d'un bombardement américain en mars 1943, Nauru et Banaba restent des réduits japonais isolés entre Salomon et les Gilbert conquises par les Alliés. En septembre 1943, les Japonais décident de déporter la majorité de la population nauruane dans les îles Truk aux Carolines. Les troupes japonaises de Nauru se rendent en septembre 1945. Sur les 1 200 habitants déportés dans les îles Truk, seuls 737 ont survécu. La population de Nauru est passée de 1 848 habitants en 1940 à 1 369 habitants en 1946. L'ONU ayant confié la gestion de l'île à l'Australie en 1947, l'extraction du minerai de phosphate peut reprendre.

 


Les agriculteurs australiens et néo-zélandais achètent le phosphate extrait de Nauru au tiers des prix pratiqués ailleurs ce qui provoque un vif mécontentement. Les royalties du phosphate reversées aux Nauruans par la British Phosphate Commission sont réévaluées en 1964 et 1966 : les bénéfices reversés passent alors à 22 % pour les Nauruans et à 14 % pour l'administration de l'île. L'exploitation intensive du phosphate de l'île, la rend de moins en moins viable. Les Australiens élaborent alors sans succès un projet qui prévoit de déplacer l'ensemble des Nauruans sur l'île Fraser et sur celle Curtis au Queensland. Le désir d'indépendance des Nauruans se trouve alors renforcé par cet échec Dans le cadre du processus d'indépendance, Nauru achète petit-à-petit les outils de production de la British Phosphate Commission.


Le 31 janvier 1968, Nauru devient indépendant. Le nouvel État entre alors dans une période économique faste. En juin 1970, Nauru nationalise la British Phosphate Commission sous le nom de Nauru Phosphate Corporation. Or, le cours mondial du phosphate connaît une forte hausse, culminant en 1975 avec 68 US$ la tonne. Avec un PIB par habitant de 50 000 US$, Nauru devient le second pays après l'Arabie. Les Nauruans entrent complètement dans la société de consommation et dépensent sans compter ; ils ne payent pas d'impôts. C'est à partir de 1989 que leurs revenus commencent à diminuer avec la baisse de la demande mondiale en phosphate et des coûts d'extraction qui augmentent. Le fait marquant de la politique nauruane après son indépendance est la plainte portée en 1989 devant la Cour internationale de justice à l'encontre de l'Australie pour la destruction quasi totale de la surface de l'île lors de l'exploitation du minerai de phosphate sous la tutelle australienne. Hors tribunal, l'Australie accepte de négocier.


Au début des années 1990, l'État nauruan est confronté à une grave crise financière et politique provoquée par l'extrême dépendance de son économie vis-à-vis du phosphate et de la mauvaise gestion des investissements. À partir de la fin de l'année 2003, Nauru est en faillite totale et ses habitants se rapprochent du seuil de pauvreté. Les banques saisissent des biens, notamment les matériels d'extraction du minerai, des propriétés comme la Nauru House de Melbourne. Certaines entreprises cessent de fournir leurs services allant jusqu'à couper les liaisons téléphoniques avec l'île.

 

McDaniel, C.N., Gowdy, J.M., 2000.- Paradise for Sale. A Parable of Nature. University of California Press, 239 p.

 

Bibliographie


Anderson, I., 1992.- Can Nauru Clean up after the Colonialists? New Scientist 135 (1850): 12-13.


McDaniel, C.N., Gowdy, J.M., 2000.- Paradise for Sale. A Parable of Nature. University of California Press, 239 p.


Wikipedia : Histoire de Nauru

 

J.M. Lebigre, 1er  juin 2009



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Madagascar : la révolution du téléphone portable

Publié le par Jean-Michel Lebigre

En quelques années le portable s'est imposé dans toutes les villes de Madagascar. La concurrence est acharnée entre Télma, Orange et Zain : panneaux publiciataires et boutiques en attestent. Elle joue sur les prix, particulièrement bas, tandis que les consommateurs, vu leur faible niveau de vie, imposent de nouveaux modes d'utilisation à l'exemple de ce qui se passe partout dans le Tiers-Monde.




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