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Paysages d’un monde dévoyé ou "comment sauver le maïs OGM?"

Publié le par Jean-Michel L.

Les réactions très violentes à l’étude du professeur G.E. Séralini de l’université de Caen ont au moins un résultat inattendu : elles jettent un lourd discrédit sur les responsables de nombreuses institutions scientifiques françaises et européennes.

 

Résumons l’affaire :

  • à partir des années 80 les biologistes créent des organismes génétiquement modifiés. On nous promet alors une révolution verte  grâce à l’amélioration des rendements de plantes tout à coup capables de s’adapter à toutes sortes de situations, comme la sécheresse, les coups de froid, la concurrence d’autres plantes. On va pouvoir ainsi se passer de pesticides !
  • de nombreux scientifiques nous mettent alors en garde contre toute précipitation dans un domaine encore mal maîtrisé : certains OGM peuvent nuire gravement à la biodiversité en éliminant d’autres plantes, de nouveaux caractères peuvent peut-être s’imposer à d’autres espèces., etc.
  •  la « révolution OGM » est prise en main par les multinationales et les grands groupes financiers. Profitant de la corruption, ils inscrivent les OGM dans une stratégie de création de dépendances : rendre les agriculteurs des pays pauvres dépendants de nouvelles semences d’autant plus onéreuses qu’un gène de stérilité qui y a été introduit ne permet pas leur reproduction ; 
  • en fait la plupart des plantes OGM créées, soit secrètent des endotoxines qui leur permettent de se défendre contre des prédateurs ou des concurrentes (gènes de résistance), soit sont programmées pour s’adapter à l'emploi parallèle de pesticides (gènes marqueurs). Comme certaines mauvaises herbes et certains insectes prédateurs s’adaptent, l’emploi des pesticides s’accroit au lieu de diminuer ; 
  • dès lors l’hypothèse de la dangerosité de certains produits agricoles OGM s’impose, d’autant plus que les seules études sur le sujet, faites à la va-vite et bien entendu négatives, ont été laissées aux entreprises les produisant ; de manière curieuse, elles n’ont pas été mises en cause par nos organismes scientifiques !
  • c’est là que se place l’étude du Pr Séralini sur le NK603 : les résultats acceptés par une grande revue internationale de toxicologie Food and Chemical Toxicology sont accablants. Comme par miracle s’enclenche alors une grande campagne médiatique s’appuyant sur une technique bien connue de la CIA, le déni plausible, visant à discréditer le chercheur et son équipe. Son but est d’empêcher l’arrêt des importations de maïs et de soja OGM destinés au bétail en Europe. Des intérêts financiers colossaux sont en effet en jeu. Un principe de précaution voudrait pourtant que ces importations stoppent immédiatement jusqu’à ce qu’une étude sérieuse prouve la totale innocuité de ces OGM sur notre santé. Les alternatives existent notamment l'agroécologie.

Et le danger bien réel que représentent ces OGM vis-à-vis de la biodiversité ? Un grand nombre de nos têtes pensantes s'en moque. Elles ont déjà sacrifié notre monde.

 

Pour le respect de la controverse scientifique et de l’expertise contradictoire Soutien à Gilles-Eric Séralini et à ses co-auteurs.

 

Lire :

R. Maire et J.M. Quitté, 2012.- Petit vocabulaire   de l'agroécologie. Bordeaux, Confluences.

 

FR Caen GE2006

L'université de Caen - Image Google Earth

 

EU StLouis Monsanto GE2012

Monsanto dans le quartier de Crève Coeur (le bien nommé) à Saint-Louis Missouri (EUA) - Image Google Earth 2012

 

Rotterdam GE2007 0,7

Le port de Rotterdam : c'est de là principalement que le maïs OGM est dispersé. Longue vie aux dockers qui le manipulent - Image Google Earth

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oh.gm 03/11/2012 11:12


Complètement d'accord. Mais cela ne justifie pas les fauchages d'essais agronomiques d'OGM.

Jean-Michel L. 07/11/2012 11:42



Bien sûr, même si la position de l'INRA est plus que floue.



cão 27/10/2012 06:50


merci !

Jean-Michel L. 29/10/2012 20:01



Oui, i y a des moments où il faut se recentrer sur des choses graves.