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L'or de Roşia Montană (Roumanie), un symbole pour l'Europe

Publié le par Paesaggio

46°18'N, 23°07'E

Le massif des Apucènes (Apuseni) en Roumanie est connu pour ses paysages montagnards et les traditions agro-pastorales d'une petite communauté paysanne qui aurait échappé autrefois à la  lourde main-mise romaine sur les autres composantes du peuple dace.

Pourtant, au cœur du massif, le site de l'ancienne Alburnus Maior n'a pas échappé à l'empereur Trajan. Il était déjà de notoriété publique à cette époque que ce lieu regorgeait d'or et d'argent. 

Dans cette région, à Alburnus Maior devenu Roşia  Montană, à Cetate, Cârnic, Cârnicel, Cos, Orlea, Paru-Carpeni, Jig, Tarina et Vaidoaia, durant 20 siècles,  des tonnes d'or et d'argent ont été extraites de la montagne par des esclaves puis par des ouvriers.  C'était dans l'Antiquité l'un des plus grands et des plus célèbres districts miniers de l'Europe, en cours d'étude par les archéologues.

Comme outre d'autres métaux comme le cuivre, il existe encore des réserves d'or, celles-ci sont convoitées par  des  groupes miniers internationaux. La société Rosia Montana Gold Corporation (RMGC) issue d'une entente entre  la société canadienne Gabriel Resources, cotée en bourse à Toronto,  et la société d'Etat roumaine Minivest,  a acheté il y a quelques années 80% des terrains de la commune. Pour cause d'exploitation minière, la petite ville est promise à la disparition, à l'exception de son centre historique. Un conflit juridique est en cours entre société minière et associations désireuse de sauvegarder l'environnement, une partie des habitants soucieuse de son patrimoine, l'archevêché de Cluj et l’Académie roumaine. Comme l'exploitation doit avoir lieu avec usage de cyanure, les risques environnementaux sont réels comme le prouve la désastreuse pollution au cyanure de Baia Mare dans les Maramures, le 20 janvier 2000. Cela n'arrange pas la situation des anciens mineurs et de jeunes contraints à l'exode sous peine de chômage. 

Pour ceux-là, il reste cependant un bon espoir pour que la mine démarre. Le Canada, malgré de multiples promesses de surveiller ses groupes miniers fort enclins à perpétrer des désastres environnementaux en dehors de la mère-patrie, n'est en fait pas prêt à renoncer à ses gigantesques profits financiers. De même, on sait qu'aujourd'hui  l'Union Européenne ultralibérale, en dépit des velléités de quelques députés, est davantage soucieuse de défendre certains intérêts financiers que de se les mettre à dos en fixant des interdits comme celui  qui consisterait à proscrire l'utilisation du cyanure dans les mines.

Le dimanche 8 septembre 2013, 15 000 Roumains ont manifesté contre ce projet minier. L'Union Européenne est toujours aux abonnés absents sur ce projet !

Références

Perichon, V., 2008.- Le dilemme minier en Roumanie : conservation environnementale ou développement économique  ? en ligne

Cauuet, B., 2005.- Mines d'or et d'argent antiques de Dacie. Le district d'Alburnus Maior (Rosia Montana, Roumanie). Les Nouvelles de l'Archéologie, Ed. Errance, 100 : 38-43.

Cauuet, B., 2008.- Equipements en bois dans les mines d'or protohistoriques et antiques (Gaule et Dacie romaine).  In : M.-C. Bailly-Maitre, C. Jourdain-Annequin, M. Clermont-Joly, Archéologie et paysages des mines anciennes. De la fouille au musée, Editions Picard, 57-73.

Première publication : 20 mars 2010

ROU Roşia Montană GE12-2003

Paysage des Apucènes (Google Earth)

ROU Roşia Montană GE11-2003

A Côté de Roşia  Montană, la mine de cuivre de Roşia  Poiana (Google earth)

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