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Au bord du Danube, Brăila, la ville de Panaït Istrati

Publié le par Jean-Michel L.

45°16′N - 27°58′E

 

"Soudain, en approchant au bord du plateau,

le Danube apparût à nos yeux, tout bas, tout loin,

grisâtre, touffu, solitaire et ami de l'homme libre."

(P. Istrati, Oncle Anghel)


Brăila se présente comme une ville-carrefour, une des plus surprenantes cités de Roumanie. Certes, elle est située en limite orientale de Valachie, mais elle se trouve à portée de canon de la Dobrogée, de la Moldavie (de la province roumaine mais aussi de l'Etat indépendant) et de l'Ukraine. A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, son âge d'or, elle a environ 60 000 habitants et mêle Roumains, Grecs, Turcs, Albanais, Tziganes, Lipovènes (Russes), Ukrainiens, Hongrois, Juifs et Arméniens. Elle est encore marquée  à cette époque par l'opression ottomane qui vient juste de s'achever. C'est là que naît en 1884 d'une mère roumaine, pauvre blanchisseuse, et d'un père grec contrebandier, abattu par la police avant qu'il n'ait atteint un an, Panaït Istrati, un des plus grands et plus mal connus écrivains de langue française. Sa gloire ? Avoir décrit le petit peuple de cette région et notamment les haïdoucs, ces bandits de grand chemin qui menaient la vie dure à tous les possédants. Son crime : alors qu'il est considéré comme un défenseur des opprimés, à la suite d'un long séjour en URSS de 1927 à 1928 à l'invitation de ses dirigeants, il exprime sa désillusion et son dégoût contre ce régime... là où d'autres écrivains entretiennent le mensonge. Il est alors rejeté par ceux qui l'avaient adulé et meurt comme il avait vécu l'essentiel de sa vie, dans la misère, à Bucarest en 1935. Ce n'est que depuis la chute du Mur de Berlin qu'il est revenu sur le devant de la scène, notamment grâce à une édition de son oeuvre complète que l'on trouve en livre de poche chez Phébus libretto depuis 2006.

 

Braila JML 2011 0022R

La statue d'Istrati au Gardina publica de Brăila

Braila JML 2011 0026R

La maison mémoriale de Brăilaest une "maison de jardinier" en style néo-roumain datant de la fin du XIXe . Elle a été réaffectée en 1984 à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de l'écrivain.Le jardin était un endroit où le jeune Panait aimait se promener. Les masures où il a vécu ont quant à elles toutes disparu.

Braila JML 2011 25RR

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Hécate 09/05/2011 19:01



Si je puis me permettre ,l'écrivain Dominique Fernandez cite les oeuvres de P.Istrati parmi celles qu'il aime relire .


Je ne savais pas que les livres dont je vous parlais étaient dans la maison mémoriale .


                                                                                    
Bien à vous



Jean-Michel 11/05/2011 07:11



Moi P. Istrati me fait penser à Joseph Konrad, par l'écriture souvent et par le destin de ces écrivains ayant choisi une autre langue que celle de leur enfance.
A bientôt Hécate.



Hécate 09/05/2011 12:30



En 1968 aux éditions Gallimard les oeuvres de Panaît Istrati avaient été publiées ,préfaçées par J.Kessel qui avait rencontré l'auteur .De très beaux volumes :couverture blanche ornées de
dessins bien dans le style des broderies roumaines (.Ceux-là même  qui sont parmi mes livres favoris.)


Les éditions Phoebus ont rééditer ces livres devenus introuvables . ( J'avais eu beaucoup de peine à trouver l'un des volumes manquant  lors de la découverte de ce maerveilleux écrivain
!


              Amicalement .


                                
H



Jean-Michel 09/05/2011 16:12



Merci Hécate pour ces utiles informations. Oui Kessel fait partie des rares défenseurs de P.I. On peut voir les volumes de cette édition dans la maison mémoriale. Amicalement.