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Ilakaka et Manombobe : Madagascar à l'épreuve des mines artisanales

Publié le par Jean-Michel Lebigre

Les mines exploitées par des grandes multinationales profitent généralement peu aux populations locales mais qu'en est-il des mines artisanales ? Ces dernières concernent plutôt des minéraux dits précieux comme l'or et l'argent ainsi que diverses pierres précieuses comme le diamant, le rubis, l'émeraude, etc. Dans les économies de pays pauvres, la découverte de ce type de richesse s'apparente à une véritable aubaine. 

Dans le cas de la localité Ilakaka (en fait Andohanilakaka) et de Manombobe (qui relève de la commune d'Ilakaka), les découvertes de gisements de saphir en 1997 ont contribué à  faire croire à tort :
1) aux politiciens et médias locaux que le pays était immensément riche ;
2) au petit peuple assommé par la misère qu'il allait s'enrichir rapidement.

Il n'en a rien été... sauf pour quelques rares chanceux, quand cela ne s'est pas retourné contre eux sous forme de vol ou d'assassinat. Se sont également enrichis les commerçants thailandais et srilankais ayant ouvert des shops, comptoirs d'achat de pierres. Voilà un triste remake de la "Ruée vers l'or", joué d'abord entre l'Alaska, le Yukon et la Californie, puis rejoué au Brésil (célèbre Serra Pelada), en Guyane française (orpaillage clandestin), en Colombie, aux Philippines ou au Zaïre (actuelle RDC).
Les conséquences sociales (pertes de bras dans l'agriculture, accidents mortels, banditisme) et environnementales en sont tragiques.

Pour le géographe, le sociologue ou l'économiste, les conséquences du phénomène sont passionnantes avec la création de bourgs et de villes à l'avenir incertain. N'oublions pas toutes ces villes fantômes des Etats-Unis et du Canada. Ici des images Google Earth nous montrent l'évolution récente d'Ilakaka et de Manombobe, autre petite ville surgie à une quinzaine de kilomètres à l'ouest d'Ilakaka.
          Références :

Feltz, Gaëtan et Razafimandimby, Mirana, 2010.- Saphir et développement local dans la commune rurale de Ranohira : les fokontany d’Andohanilakaka et de Manombobe (district d’Ihosy, Région Ihorombe)». Taloha, 19-20.

Guérin, Catherine et Moreau, Sophie, 2000.- Ilakaka (Madagascar): la ruée vers le saphir. Les Cahiers d'Outre-Mer, 211 : 253-272.



1. Urbanisation sauvage à Andohanilakaka, le long de la RN7  (image Google Earth de 2002).

2.  L'espace est criblé de milliers de cratères correspondant à de petites exploitations artisanales ; pour la main d'oeuvre les accidents sont innombrables (image Google Earth).

3. Les forêts galerie à fort endémisme (on voit ici le magnifique palmier micro-endémique Ravenea rivularis) font les frais de l'exploitation minière même si cela paraît accessoire face au drame social
MAD Ampandravelo 100 nov2002
4. Manombobe en novembre 2002 (Image Google Earth ; L = 500 m)
MAD Ampandravelo 100 sep2009
5. Manombobe en mars 2009 (Image GeoEye / Google Earth ; L = 500 m)

Première publication le 24 mai 2009, article réactualisé le 31 janvier 2012

Commenter cet article

dominique 04/02/2012 18:22


J'ignorais que cette agglomération s'apelle Andohanilakaka.

Jean-Michel 05/02/2012 18:56



Pas faciles les toponymes malgaches !



jean-luc saint-marc 02/02/2012 16:06


Quoi c'est quoi cette dominante gris-turquoise des toits et terrasse ?


 


Tôle ondulée, poussière minérale ?

Jean-Michel 03/02/2012 00:34



C'est la tôle, un signe extérieur de richesse qui n'est pas à la portée de tous dans les campagnes.