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Mine et conflits : Grasberg en Papouasie occidentale

Publié le par Jean-Michel Lebigre

La mine à ciel ouvert de Grasberg dans la province indonésienne de Papua (ex-Irian Jaya) est considérée comme la plus grande mine du monde d'or et de cuivre associés. Elle est gérée par la filiale indonésienne d'une compagie étasunienne (siège à Phoenix en Arizona), Freeport (http://www.fcx.com/). En 2004 une alliance a été créée avec Rio Tinto pour l'exploitation de Grasberg.

La mine est située sur l'Ertsberg, à près de 4 500 mètre d'altitude au pied du mont Jayawijaya. Sa découverte par Jean-Jacques Dozy eut lieu en 1936 pour le cuivre puis en 1988 pour l'or. L'exploitation commença en 1973 et rebondit en 1988.

Le minerai descend par voie ferrée à 600 m en-dessous de la mine, est transformée en poudre et mêlé à de l'eau pour former un slurry (bouillie) qui est transporté sous forme liquide dans des conduites jusqu'au port d'Amamapare.

 

Un désastre social


La mine est un haut lieu de la contestation au pouvoir central indonésien par les peuples papou de la région. Cette révolte a commencé avec le rattachement de la Papouasie occidentale à l'Indonésie en 1962. Depuis den toute illégalité de nombreux Papous ont été expropriés de leurs terres ancestrales pour permettre l'exploitation  minière. En 1977, la mine a été attaquée par le Mouvement de libération de la Papouasie. La répression militaire causa la mort de plus de 800 personnes.  L'armée indonésienne concentrerait autour de la mine près de 6 000 hommes. Depuis 2001, Freport a conclu un accord avec les communautés de Kamoro. 


Un désastre environnemental


Les déchets de la mine sont évalués à 700 000 tonnes par an.  L'érosion mine les dépôts, et entrainent les sédiments dans le fleuve Aikwa d'où les poissons ont disparu, semble-t-il. Près de 250 km2 de plaines alluviales et de nappes phréatiques seraient  contaminés par des sédiments à forte teneur en cuivre. La disparition de la végétation, et l'érosion  renforcée par les séismes, nombreux dans cette région, sont à l'origine de landes désolées. Quelques projets de restauration sont en cours.


Lire :

"Further information on the landslide at Freeport's Grasberg Mine" http://www.minesandcommunities.org/article.php?a=991

"Freeport at Grasberg : devastated the river system" par Robert Bryce http://www.austinchronicle.com/gyrobase/Issue/story?oid=oid%3A292540

 

Sur les images Google Earth, le siège de Freeport et l'espace résidenciel des expatriés et des cadres de la société, la sédimentation le long de l'Aikwa. 

 


 



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