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São Luis do Maranhão, une ville française au Brésil ?

Publié le par Jean-Michel Lebigre

Avant l'arrivée des Européens, la région qui est devenu plus tard l'Etat du Maranhão était peuplée par des Indiens Tapui et Tupinambá. La ville fut fondée par des Français en 1612 sur un site de tabuleiros dominant des rias bordées de mangrove. 

Le 8 septembre 1612, le site de la future ville de Saint-Louis fut abordé par Daniel de La Touche, seigneur de La Ravardière, et ses compagnons de Riffault et de Vaux. Ils lui donnèrent ce nom en hommage au roi Louis XIII, y construisirent un fort et s'allièrent aux Indiens Tupinamba venus du sud et réfugiés là, contre les Portugais. Ces Français, blonds et beaux parleurs furent surnommés "perroquets jaunes" par les Indiens. La présence française ne dura que trois ans : nos compatriotes furent abandonnés à leur sort par Louis XIII lorsque l'Espagne envoya une expédition pour les déloger. Il existe une autre version moins vraisemblable : pour les certains historiens portugais, São Luis aurait d'abord été un petit village de colons portugais Nossa Senhora de Nazaré dont un des personnages principaux aurait été un certain Luis de Melo e Silva. Après la fuite des Français honnis, c'est à lui qu'aurait été dédié le nom de la ville. Il existe cependant de nombreuses preuves du contraire, la présence française ayant été consignée par le père Claude d'Abbeville et le moine capucin Yves d'Evreux.

Au XVII et XVIIIe siècle, la ville devint la capitale du Grand Para (le Nord du Brésil) et un port actif d'exportation de sucre puis de coton. Au milieu du XIXe, c'est la troisième plus grande ville du Brésil (36 800 h). Suit une décadence brutale : les prospères manufactures sont soumises d'un seul coup aux filatures de Manchester et des Etats-Unis à la fin de la guerre de Sécession : on a parlé à ce sujet de "Pompéi industriel".

Son architecture rattache davantage São Luis do Maranhão  au Portugal qu'à la France. Reste de l'épopée du chevalier de La Touche sa statue et une fête anniversaire.

 
A lire : PIANZOLA, M., 1991.- Des Français à la conquête du Brésil au XVIIe siècle - Les Perroquets Jaunes. Genève, Zoé et Paris, L'Harmattan, Recherches et Documents Amériques Latines, 214 p.








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